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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 20:00

le monde.fr

 

Les perturbateurs endocriniens coûtent plus de 150 milliards d’euros par an à l’Europe

 

Un agriculteur répand des pesticides dans son champ, à Valmy, près de Lens, en juin 2014.

Obésité, diabète, troubles de la fertilité et neuro-comportementaux : la part de ces maladies et troubles chroniques attribuable aux perturbateurs endocriniens (PE) coûtent chaque année à l’Union européenne plus de 157 milliards d’euros, soit environ 1,23 % du produit intérieur brut (PIB) de l’Union. Frappante, cette estimation est le principal résultat d’une série d’études conduites par une vingtaine de chercheurs américains et européens, à paraître dans le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism et qui devaient être présentées à San Diego (Californie), jeudi 5 mars, au congrès annuel de l’Endocrine Society – la principale société savante dévolue à l’endocrinologie. Les auteurs, qui ne font pas mystère des marges d’incertitudes inhérentes à ce genre de calculs, placent la fourchette haute de leur estimation à quelque 270 milliards d’euros annuels, soit 2 % du PIB européen.

Les PE sont une catégorie de molécules présentes dans de nombreux pesticides et plastiques, dans certains cosmétiques ou conditionnements alimentaires, et susceptibles d’interférer avec le système hormonal, même à de faibles doses. Aux échelles européennes ou nationales, certains d’entre eux – bisphénol A et phtalates – ont déjà fait l’objet de restrictions ou d’interdiction. Mais la plupart de ces substances ne sont pas régulées en tant que telles, et sont toujours autorisées. Selon l’Endocrine Society« près de 100 % des gens ont des niveaux détectables de perturbateurs endocriniens dans leur organisme ».

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Mon bébé est-il allergique aux protéines du lait de vache ?

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Vous suspectez une allergie aux protéines du lait de vache chez votre bébé ? Nous répondons à toutes vos questions concernant les symptômes et les causes ainsi que sa prise en charge nécessaire

Substances problématiques

Selon les résultats présentés, les substances les plus problématiques sont les pesticides organophosphorés et organochlorés. Les coûts directs (soins, traitements médicaux, etc.) et indirects (perte de productivité, absentéisme, etc.) des troubles et des maladies attribuables à ces substances se montent à quelque 120 milliards d’euros par an en Europe. Les produits utilisés dans les matières plastiques – phtalates et bisphénol A – pèsent pour leur part quelque 26 milliards d’euros. Les retardateurs de flamme bromés, utilisés dans les mousses des canapés ou dans l’électronique, coûtent de leur côté environ 10 milliards d’euros par an.

En considérant le coût pour chaque effet sanitaire lié aux PE, la baisse des capacités cognitives de la population (estimée en perte de points de quotient intellectuel) et les maladies neuro-développementales (troubles du spectre autistiques, hyperactivité et troubles de l’attention) viennent en tête avec un fardeau de 132 milliards d’euros. Viennent ensuite les troubles du métabolisme (obésité et diabète de type 2), qui pèsent quelque 15 milliards d’euros. Les troubles du système reproducteur masculin (malformations génitales à la naissance, infertilité) viennent loin derrière avec un fardeau économique estimé à 4 milliards d’euros.

Si les chiffres annoncés semblent énormes – bien qu’inférieurs au coût du tabac, de l’ordre de 45 milliards d’euros par an pour la France – ils sont en réalité très en dessous de la réalité.

Sous-estimation volontaire

Cette sous-estimation tient à la méthodologie choisie par les chercheurs, qui ont privilégié la solidité scientifique de l’analyse au détriment de son exhaustivité. « D’abord, nous avons identifié les maladies et troubles pour lesquels les niveaux de preuve d’une implication des perturbateurs endocriniens sont les plus élevés et nous nous sommes principalement fondés pour cela sur le rapport de référence publié en 2012 par l’Organisation mondiale de la santé et le Programme des Nations unies pour l’environnement », explique Leonardo Trasande, professeur associé à l’université de New York, premier auteur de ces travaux.

Les chercheurs ont ensuite cherché dans la littérature scientifique les études épidémiologiques susceptibles de chiffrer l’augmentation du risque de contracter ces maladies après tel niveau d’exposition à telle ou telle substance, au cours de telle ou telle période donnée. « Enfin, ajoute M. Trasande, il a fallu rassembler les études permettant d’estimer l’exposition de la population à chaque substance. » De telles études ne sont pas légions. Ainsi, même lorsque les effets biologiques d’un produit sont avérés sur l’animal et l’homme, les chercheurs l’ont exclu de leur analyse en cas d’absence d’études épidémiologiques solides ou de données d’imprégnation de la population...

Un intense lobbying

Les auteurs confessent ainsi n’avoir pu tenir compte que de 5 % de l’ensemble des PE en circulation et « seulement une petite part des maladies liées à ces substances », dit M. Trasande. En particulier, les cancers du sein et de la prostate, en forte augmentation depuis trois décennies et plausiblement favorisés par l’exposition à certains PE, n’ont pas été pris en compte. « Il manque à l’analyse toute une partie sur les troubles liés au système reproducteur féminin, précise la biologiste Barbara Demeneix (CNRS/Muséum national d’histoire naturelle), coauteur d’une part des travaux publiés. Mais nous manquons de données issues d’études suffisamment longues pour estimer l’augmentation des risques de cancer du sein, après des expositions in utero, par le biais des femmes enceintes. »

Pour M. Trasande, « de futures analyses » combleront ces lacunes et, de toute évidence, réhausseront encore l’estimation. Pour l’heure, ces travaux encore préliminaires n’en devraient pas moins être versés au dossier réglementaire en cours d’instruction à la Commission européenne. Celle-ci devait publier en décembre 2013 les critères d’inclusion de ces fameux PE, afin de commencer à les réglementer. Sous le feu d’un intense lobbying, Bruxelles a reporté sine die sa décision, justifiant le retard par le lancement d’une étude sur l’impact économique que la régulation aurait sur les entreprises. La Suède a, depuis, lancé une action en carence contre Bruxelles devant la Cour de justice de l’Union européenne.

Lire La Commission européenne s’isole sur les perturbateurs endocriniens

« Il y a de toutes façons des choses que nous ne parviendrons jamais à chiffrer économiquement, conclut M. Trasande, comme la souffrance psychologique et la détresse des familles qui sont confrontées à ces maladies en augmentation. »

 

  • image: http://s1.lemde.fr/image/2014/04/18/24x24/1100512061_4_69da_13978337662458-photo_c9ba65d8f20a753dc99c4985b470bd9d.jpg

      Stéphane Foucart

 
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/medecine/article/2015/03/05/les-perturbateurs-endocriniens-coutent-plus-de-150-milliards-d-euros-par-an-a-l-europe_4588381_1650718.html#l8quX2jg7pM3M5ZP.99

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 13:22

le figaro.fr

Les océans du monde noyés sous le plastique

Le plastique contamine la chaîne alimentaire via les animaux qui les ­ingèrent.

 

Jusqu'à 13 millions de tonnes de déchets plastiques  ont été déversés dans les mers en 2010.

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L'italien ?Apprenel'italien avec Babbel et LeFigaro

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Depuis quelques années, le plastique est devenu omniprésent dans les divers océans du monde. Les expéditions qui se multiplient montrent de gros déchets échoués sur les plages, de fines particules tournoyant dans de grands gyres océaniques ou des bouchons et autres sacs de supermarché cachés dans les estomacs d'animaux marins.

Ce type de pollution a commencé à être recensé au début des années 1970. «Pour autant, quarante ans plus tard, aucune estimation rigoureuse n'existe sur la quantité et l'origine des plastiques qui affluent vers les océans», regrette une équipe de chercheurs américains et australiens qui s'est donc employée à répondre à cette question.

Publiés dans la revue Science, leurs résultats sont édifiants: selon leurs calculs, les déchets plastiques produits en 2010 par quelque 192 pays * représentaient environ 275 millions de tonnes (soit 11 % de la quantité totale de déchets), dont 4,8 à 12,7 millions de tonnes sont déversés dans les mers du monde entier. «Cela représente cinq sacs de supermarché pleins de déchets en plastique tous les 30 centimètres le long des côtes des 192 pays que nous avons étudiés», précise Jenna Jambeck, chercheuse à l'University of Georgia et principal auteur de la publication.

Le nombre de produits en plastique n'a cessé de croître depuis leur apparition dans les années 1930. «En 2012, la production de plastique a atteint 288 millions de tonnes, soit une augmentation de 620 % depuis 1975», soulignent les chercheurs. Gros consommateur, un Américain moyen produit environ 2 kg de déchets par jour, dont 13 % sont en plastique. Or le traitement de ces déchets est arrivé tardivement dans les pays occidentaux, et dans le reste du monde, de nombreux pays n'ont toujours aucune infrastructure.

« Les quantités de plastiques qui terminent leur route dans les océans seraient de 10 à 1000 fois plus importantes que la masse des débris concentrés dans les gyres ou ailleurs dans la mer »

L'une des questions mises en avant par la publication est le devenir de ces plastiques. «Une grande quantité est faite avec du polyéthylène, dont l'une des caractéristiques - outre la persistance - est qu'il flotte», explique la chimiste Alexandra Ter Halle (CNRS/université Paul-Sabatier à Toulouse). «Jusqu'à présent, on considérait que les échantillonnages récoltés dans les gyres à la surface de la mer représentaient environ la moitié des plastiques rejetés», poursuit la scientifique, qui fait partie des chercheurs associés aux expéditions 7e Continent dont l'objectif est de faire prendre conscience de cette pollution.

Or les chiffres mis en avant par la publication de Sciencemontrent que «les quantités de plastiques qui terminent leur route dans les océans seraient de 10 à 1000 fois plus importantes que la masse des débris concentrés dans les gyres ou ailleurs dans la mer». Où passe le reste? La question est d'autant plus importante que les chercheurs estiment que si rien n'est fait pour améliorer la gestion des déchets dans les années à venir, «on prévoit un décuplement de la quantité de plastique déversée dans la mer d'ici 2025».

Mais aujourd'hui, la communauté scientifique cherche aussi à comprendre et mesurer les effets de cette pollution. «Les premiers travaux montrent qu'il y a des impacts avec des animaux piégés dans certains débris, d'autres qui ingèrent les microparticules de plastique décomposé. Le plastique peut également servir de support à des espèces invasives, à des molécules chimiques, ou encore à des bactéries.» Autant d'éléments susceptibles de contaminer la chaîne alimentaire via les animaux qui les ingèrent.

La fragmentation du plastique est parfois tellement importante qu'il paraît totalement illusoire de vouloir nettoyer l'eau. «La seule solution possible pour réduire leur impact est de réduire cette pollution», insistent les chercheurs.

* Soit la quasi-totalité des pays reconnus par la communauté internationale.

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 07:53
OUI NOUS CORRÔS À LA CARASTROPHE MAIS NOUS L ÉCRIVIONS IL Y A DES ANNÉES NOUS LA DÉCRIVIONS CETTE CATASTROPHE!!!!!!




Montée préoccupante de la puberté précoce
LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 23.02.2015 à 16h36 |


A 7 ans et demi, Noémie a des seins de la taille d’une clémentine, des poils pubiens, et pose sans cesse des questions à sa maman. Dans la cour – elle est en CE1 –, les autres enfants se moquent souvent d’elle. Noémie présente des signes précoces de puberté. « Les consultations pour ce motif sont de plus en plus fréquentes », alerte le docteur Patricia Bartaire, présidente de l’Association française des pédiatres endocrinologues libéraux, qui vient de lancer avec l’Association française de pédiatrie ambulatoire un appel à mieux informer face à ce « phénomène encore trop souvent méconnu ». « Nous sommes confrontés à une véritable épidémie de puberté précoce », affirme le professeur Charles Sultan, chef du service d’endocrinologie pédiatrique au CHU de Montpellier et chercheur à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, qui suit cette question depuis une vingtaine d’années

Que veut dire puberté précoce ? Alors que la première manifestation de la puberté survient en général entre 9 et 12 ans chez les filles, avec le développement des seins, et entre 11 et 13 ans chez les garçons, avec l’augmentation du volume des testicules, on parle de puberté précoce quand le développement des caractères sexuels secondaires (seins, poils) survient avant l’âge de 8 ans chez une fille, et du volume des testicules avant 9 ans pour les garçons. La survenue de ces signes avant 6 ans est plus rare, bien que « le développement prématuré de la glande mammaire s’observe de plus en plus chez des filles entre 3 et 7 ans », indique le professeur Sultan – qui a même reçu dans son service une fillette de 4 mois avec des seins de la taille d’une orange.

« UN DÉVELOPPEMENT PRÉMATURÉ PRÉCOCE DE LA GLANDE MAMMAIRE, D’AU MOINS UN AN VOIRE DEUX »
« Des études épidémiologiques montrent un développement prématuré précoce de la glande mammaire, d’au moins un an voire deux », indique le professeur Sultan. Ce constat fait l’objet d’un large consensus. En 2008, un panel d’experts réunis par l’agence de protection de l’environnement et par l’académie des sciences américaines avait analysé les données disponibles pour les Etats-Unis entre 1940 et 1994 et avait conclu sans ambiguïté, dans un article publié par la revue Pediatrics à la réalité et à l’ampleur du phénomène. Depuis, d’autres études épidémiologiques ont confirmé cette tendance.

Comment mesurer l’évolution de la puberté précoce en France, où les données sont inexistantes ? Un système de surveillance a été lancé il y a peu par l’Institut national de veille sanitaire (InVS), qui a retenu comme indicateur les « remboursements de médicaments ». Le taux d’incidence de puberté précoce idiopathique chez les filles de 0 à 9 ans est de 2,68/10 000/an modélisé et moyenné sur trois années, de 2011 à 2013. Le nombre de cas observés est de 1 173/an. Pour les garçons de 0 à 10 ans, il est de 0,28/10 000/an, soit 117 cas/an. Des comparaisons devraient être possibles dans quelques mois. L’âge de la survenue des règles, lui, semble stable depuis une vingtaine d’années, autour de 12,6 ans, mais il a considérablement baissé au cours du XXe siècle.

« Nous nous donnons souvent un peu de temps, afin de vérifier si le développement du mamelon reste isolé (prémature thélarche) ou s’il va être régressif (sorte de bouffée pubertaire) ou bien s’il s’agit d’une véritable puberté évolutive, avec l’apparition de la pilosité, une accélération de la croissance, etc. », indique le docteur Olivier Puel, qui exerce en libéral et en endocrinologie pédiatrique au CHU de Bordeaux. La question est ensuite de savoir s’il faut traiter, « le but étant d’éviter que les règles se produisent avant l’entrée au collège », précise le docteur Puel. Les traitements médicamenteux utilisés freinent la sécrétion des hormones hypophysaires et, du coup, l’évolution des signes pubertaires est stoppée.

C’EST SURTOUT L’INFLUENCE DE L’ENVIRONNEMENT QUI EST SUSPECTÉE
A quoi tient l’avancement global de l’entrée en puberté des filles ? Aux Etats-Unis, des différences de plus d’un an liées aux facteurs génétiques et ethniques ont été montrées. Mais c’est surtout l’influence de l’environnement qui est suspectée. « Il faut informer les parents sur la responsabilité très probable de facteurs environnementaux, notamment contrôler le poids de l’enfant en limitant fortement les apports en sucres rapides et en augmentant l’activité physique, et en limitant l’exposition de l’enfant aux perturbateurs endocriniens », souligne Patricia Bartaire.

Les perturbateurs endocriniens, ces substances chimiques omniprésentes – dans les pesticides, les plastiques, les cosmétiques, etc. – font figure de principaux suspects. « Nous avons été impressionnés par le fait que les cas de puberté précoce étaient bien plus fréquents chez les enfants immigrés venant d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique du Sud, explique Jean-Pierre Bourguignon, professeur au CHU de Liège et spécialiste des liens entre puberté et perturbation endocrinienne. Et il s’est avéré que l’une des raisons à cela est que certaines de ces régions sont infestées par le paludisme et que le DDT, utilisé pour lutter contre les moustiques vecteurs de la maladie, a des propriétés oestrogéniques et favorise les mécanismes qui déclenchent la puberté. »

« Parmi vingt prématures thélarches que nous venons d’étudier, onze petites filles ont des parents dont la profession était en lien avec des perturbateurs endocriniens », explique de son côté le professeur Sultan. Leur activité oestrogénique était quatre à cinq fois supérieure à celle des petites filles « normales ». L’un des cas les plus frappants a été publié en 2012 par l’endocrinologue montpelliérain dans Gynecological Endocrinology : celui de cette petite fille âgée de 4 mois, issue d’une famille d’agriculteurs, présentant des signes de puberté (menstruation, développement des glandes mammaires et de l’utérus). Des traces de pesticides avaient été retrouvées chez le père, la mère et la petite fille.

La suspicion qui se concentre sur les perturbateurs endocriniens n’est pas surprenante. De nombreuses études menées sur l’animal montrent en effet que l’exposition, à de faibles concentrations, de certaines de ces molécules, in utero ou dans la période périnatale, conduit, entre autres, à une maturation plus rapide de la glande mammaire. Autre indice de leur implication : une puberté précoce peut être corrélée chez les humains à un risque accru de cancers hormono-dépendants (sein, utérus), de troubles du métabolisme des graisses, voire d’asthme. Autant de pathologies également observées sur les animaux de laboratoire exposés, pendant les périodes-clés du développement, à des perturbateurs endocriniens. « Les perturbateurs endocriniens ont un impact sur l’obésité, le métabolisme, le système nerveux, l’identité sexuelle, l’émergence de cancers, dit le professeur Sultan. Il faut agir, sinon nous courons à la catastrophe. »

Pascale Santi
Journaliste
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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 13:55

le monde de ce jour

 

Les alternatives au bisphénol A sont-elles moins risquées pour la santé ?

Le Monde.fr | 20.01.2015 à 11h46 • Mis à jour le 20.01.2015 à 12h45 |Par Stéphane Foucart

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Le bisphénol A a été interdit dans les biberons en 2011.

Remplacer le bisphénol A (BPA), mais par quoi ? L’affaire pourrait vite tourner au casse-tête toxicologique et industriel. Alors que depuis le 1er janvier le BPA n’est plus autorisé dans les contenants alimentaires en France, de nombreuses questions demeurent ouvertes sur les risques présentés par ses substituts. Et, en particulier, par les bisphénols versions « S » (BPS) et « F » (BPF). Des travaux français publiés dans la dernière édition de la revue Fertility & Sterility montrent que ces deux produits qui ont été, ou sont encore, utilisés en remplacement du BPA présentent les mêmes effets négatifs sur le développement de l’appareil génital masculin.

Lire aussi : Bisphénol A : la France à l’avant-garde

Les chercheurs, conduits par le biologiste René Habert, professeur à l’université Paris-7 et chercheur au laboratoire de développement des gonades (CEA, Inserm, université Paris-7) ont soumis des cultures de testicules de fœtus humains à des solutions de BPS et BPF, à des concentrations aussi faibles que 2 microgrammes par litre (µg/l). « Nous avons testé cette concentration car elle correspond à peu près à ce que l’on retrouve dans les urines, le sang ou le liquide amniotique d’une grande part de la population », explique René Habert. La même opération a été faite sur des testicules fœtaux de souris et de rats de laboratoire, prélevés sur les embryons à des stades de développement comparable.

Réduction de la production de testostérone

Le résultat est que sur le testicule humain, l’exposition au BPS ou au BPF, même à ces concentrations très faibles, réduit sensiblement la production de testostérone. Or la testostérone est impliquée dans la production des spermatozoïdes et a aussi pour fonction de « masculiniser » l’embryon, c’est-à-dire d’orchestrer la construction des organes génitaux masculins. « Ce résultat est à peu près exactement celui que nous avions observé en 2013 pour le BPA [dans une étude publiée en janvier 2013 par la revue PLoS One], avec le même dispositif expérimental », explique M. Habert.

 

Ces travaux avaient en outre montré que le testicule humain est environ 30 à 100 fois plus sensible que celui des rongeurs de laboratoire, rats et souris. « On retrouve ce même différentiel de sensibilité avec le BPS, puisqu’il faut jusqu’à 100 fois plus de BPS sur les rongeurs pour obtenir l’ampleur de l’effet sur l’homme », précise le chercheur. L’effet sur l’appareil génital masculin est l’une des sources d’inquiétude qui ont conduit à l’interdiction du BPA en France. De fait, la réduction de la production de testostérone pendant la vie fœtale est plausiblement en cause dans la baisse générale de la fertilité masculine ainsi que dans la recrudescence des cancers du testicule et de diverses malformations congénitales : cryptorchidie (testicules non descendus à la naissance), hypospadias (malformation du pénis), etc.

Lire aussi : Fertilité masculine : les dangers avérés des perturbateurs endocriniens

Soupçon sur l’innocuité

Depuis 2011 et l’interdiction du BPA dans les biberons, certains industriels ont utilisé du BPS en remplacement : le bénéfice en termes de santé publique est donc discutable. « Aujourd’hui, puisqu’il n’est pas soumis à une quelconque réglementation, il est possible que le BPS soit utilisé comme substitut au BPA dans certains plastiques au contact des aliments », ajoute M. Habert. Dans sonrapport de décembre 2014 sur la substitution du BPA, la Direction générale de laconsommation, de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF) note cependant que des alternatives a priori moins problématiques que le BPS ont été préférées par de nombreux fabricants de biberons. « Il est toutefois très difficile de le savoir, les industriels n’étant pas tenus d’indiquer la composition de leurs plastiques », souligne M. Habert. De même, le BPS est aujourd’hui utilisé dans certains papiers thermiques garantis « sans BPA ». D’autres indiquent plus clairement « sans bisphénols », excluant le recours au BPS ou au BPF.

L’étude française est une nouvelle pierre dans le jardin du BPS. Ces dernières semaines, une salve d’études expérimentales est venue jeter d’autres soupçons sur l’innocuité de ce substitut au BPA. Des travaux canadiens publiés le 12 janvier par la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) montrent que ce perturbateur endocrinien a des effets délétères sur le développement du cerveau et le comportement du poisson-zèbre. Exactement comme le BPA…

 

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 14:40

 

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2015/01/01/23216-bisphenol-banni-france

Le bisphénol A banni de France

Par figaro iconPauline Fréour - le 01/01/2015
Le perturbateur endocrinien est désormais interdit dans tous les contenants alimentaires. Une décision très politique.

 

Boîtes de conserve, cannettes de soda, bonbonnes d'eau: depuis jeudi, tous ces «contenants alimentaires» ne peuvent plus contenir de bisphénol A (BPA), un perturbateur endocrinien utilisé pour fabriquer les plastiques durs et transparents type polycarbonate et les résines couvrant l'intérieur des boîtes métalliques. La loi passée le 24 décembre 2012 suspend la fabrication, l'importation, l'exportation et la mise sur le marché de tout contenant ou ustensile comportant du BPA à partir du 1er janvier 2015. Les consommateurs vont pourtant continuer à trouver des produits avec BPA pendant quelques mois, puisque ceux qui se trouvent déjà en magasin ou en stockage ne seront pas rappelés. Les produits destinés aux nourrissons et où figurait du BPA étaient déjà interdits.

La France devient ainsi le premier pays du monde à interdire aussi largement le bisphénol A. Cette substance chimique de synthèse est identifiée depuis longtemps comme un perturbateur endocrinien, en raison de sa structure moléculaire proche de celle des hormones. En avril 2013, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a conclu après trois années de travail à des «risques potentiels pour la santé», confirmant «la nécessité de réduire les expositions», notamment par la voie alimentaire, qui contribue à «plus de 80 %» à l'exposition de la population.

Limiter l'exposition

Les experts ont retenu un risque chez la femme enceinte pour l'enfant à naître, chez qui l'on peut redouter une modification de la structure de la glande mammaire pouvant favoriser un développement tumoral ultérieur. Les preuves scientifiques de ce lien de cause à effet, qui n'a été observé que chez l'animal, ont été classées comme «modérées». Les autres effets supposés du bisphénol A (sur le cerveau, le métabolisme et la fertilité) n'ont pas pu être confirmés, faute d'études suffisantes. L'Anses a donc appelé à poursuivre les recherches.

Saluée par le parti des Verts, qui souhaitait même aller plus loin et plus vite dans l'interdiction, la mesure, votée à une vaste majorité incluant socialistes et UMP, suscite en revanche des réserves du côté des industriels mais aussi, et c'est plus surprenant, des scientifiques. Le Pr Jean-François Narbonne, toxicologue expert auprès de l'Anses, rappelle ainsi que le risque toxicologique du bisphénol A avait été jugé en 2007 bien inférieur à celui des phtalates par l'agence, et pourtant c'est bien au BPA que la priorité a été donnée.

«Il était, c'est vrai, nécessaire d'abaisser l'exposition de la population au BPA car une partie des individus dépassent les plafonds recommandés», précise le toxicologue. Mais il n'y avait pas urgence à le bannir entièrement des contenants alimentaires, assure-t-il. «La réduction de l'exposition aurait pu passer par des mesures plus ciblées, comme des recommandations au grand public pour limiter la consommation de conserves chez les populations sensibles (femmes enceintes, adolescents, bébés), ou en interdisant la mise en conserve de denrées sensibles comme le lait maternisé ou les plats préparés gras type cassoulet, estime Jean-François Narbonne. Cette décision est entièrement politique, elle ne repose sur aucun argument sanitaire. Les législateurs ont confondu le danger du BPA - qui est incontestablement un perturbateur endocrinien - et le risque pour la population dans les conditions de vie que nous connaissons. Or ce dernier n'a pas été révélé par les études épidémiologiques», poursuit-il, déplorant que la décision ait été prise de façon précipitée et sans qu'on ait pris le temps de passer en revue les substituts disponibles, leur innocuité et le coût des opérations de remplacement pour les industriels.

Transition difficile

Des regrets partagés par Olivier Draullette, délégué général du Syndicat national des fabricants de boîtes, emballages et bouchages métalliques. «Tous les acteurs du marché français des boîtes de conserve, côté emballage et côté agroalimentaire, travaillent ensemble depuis deux ans à cette transition. Il a fallu vérifier l'interaction de tous les aliments ou recettes que nous emballons avec les résines se substituant au BPA (polyesters, vinyliques ou acryliques), afin de s'assurer que l'acidité des contenus ne donnerait pas lieu à une perforation du métal, et donc à de la fermentation.» Car le BPA avait l'immense avantage de s'adapter à presque tous les contenants, et de résister à tous les pH. Ce qui n'est pas le cas de ses substituts, dont il faut faire varier l'épaisseur et la composition pour obtenir la même protection. «Cette spécification représente un travail énorme, dont on a chiffré le coût à plusieurs dizaines de millions d'euros», souligne Olivier Draullette.

L'industriel s'interroge désormais sur les conséquences économiques d'une mesure qui isole la France par rapport à ses partenaires commerciaux. «En perdant ce produit universel, nous allons réduire nos économies d'échelle. Or nos clients étrangers, qui se moquent de la présence ou non de BPA dans la boîte de conserve, nous disent: “S'il y a un surcoût, on ne veut pas le payer”.» L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) doit rendre fin janvier un avis sur les risques associés au Bisphénol A. «Nous espérons que cela donnera lieu à une norme européenne, c'est la seule façon pour nous de retrouver de la compétitivité», soupire Olivier Draullette.

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 12:24

 

 

http://www.topsante.com/medecine/troubles-cardiovasculaires/hypertension/prevenir/le-bisphenol-a-pourrait-causer-de-l-hypertension-74243

Le bisphénol A pourrait causer de l'hypertension

Le 10 décembre 2014 à 14h00 - par 

Les aliments issus de conserves et les boissons en canettes contenant du bisphénol A augmenteraient la pression artérielle, selon les résultats d'une étude scientifiques coréenne.

Le bisphénol A pourrait causer de l'hypertension

Le bisphénol A, un perturbateur endocrinien présent dans certains aliments et boissons, pourrait être en cause dans l'hypertension, selon les résultats d'une étude publiée dans la revue médicale Hypertension.

Les chercheurs de l'Université de Séoul (Corée du Sud) ont mené une expérience avec 60 volontaires de plus de 60 ans. Les participants ont dû boire du lait de soja, une boisson reconnue pour ne pas modifier la pression artérielle. Soit dans une bouteille en verre, soit dans une canette contenant du bisphénol A.

Les chercheurs ont analysé les urines, la pression artérielle et le rythme cardiaque des participants.

Les résultats de l'étude révèlent que les personnes qui avaient bu dans une canette avaient une pression artérielle plus élevée que les participants qui avaient utilisé une bouteille en verre.

« Nous avons constaté que consommer deux boissons en canette contenant du bisphénol A augmentait la pression artérielle systolique de 4,5 millimètres de mercure, » a déclaré le chercheur principal de l'étude, le Dr Yun-Chul Hong, directeur du Centre de santé environnementale à l'Université nationale de médecine de Séoul. « Cette hausse peut entraîner des troubles significatifs sur le plan clinique, particulièrement chez les patients atteints d'une maladie cardiaque ou d'hypertension », explique le chercheur.

Si les résultats de cette étude doivent être éprouvés sur un plus grand panel, les chercheurs confirment leur méfiance face aux aliments susceptibles de contenir du bisphénol A.

« Je conseille fortement aux consommateurs d'acheter des aliments frais et des boissons en bouteille plutôt que des aliments en conserve », affirme le Dr Yun-Chul Hong. « Car si l'effet hypertenseur du bisphénol A reste à prouver, ses méfaits sur le système hormonal, eux, sont établis ».

En France, à compter du 1er janvier 2015, le bisphénol A (BPA) sera interdit dans tous les contenants alimentaires. Cette décision s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale contre les perturbateurs endocriniens adoptée le 29 avril 2014, un programme qui tend à diminuer l'exposition de la population et de l'environnement à ces substances dangereuses pour la santé. Depuis le 1er janvier 2014, le bisphénol A était déjà interdit dans les biberons et les contenants alimentaires destinés aux enfants de moins de 3 ans.

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 12:21

Réseau Environnement Santé  (communication@reseau-environnement-sante.net)

http://tempsreel.nouvelobs.com/sante/20141211.OBS7615/les-foetus-exposes-aux-phtalates-auraient-un-qi-inferieur.html

Les foetus exposés aux phtalates auraient un QI inférieur


Par L' Obs

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Publié le 11-12-2014 à 10h47

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Une étude américaine établit un lien entre une exposition prénatale aux phtalates et le Quotient intellectuel des enfants en âge scolaire.

Image d'illustration. ©Patrick Semansky/AP/SIPA

 

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Les foetus exposés à des niveaux élevés de deux phtalates, des substances chimiques présentes dans de nombreux produits de consommation, ont un quotient intellectuel (QI) en moyenne plus bas, affirme une étude américaine mercredi 10 décembre.

Il s'agit des phtalates de dibutyle (DnBP) et dedisobutyle (DiBP), précisent ces chercheurs de la faculté de santé publique de l'université Columbia à New York, auteurs de cette première étude établissant un lien entre une exposition prénatale aux phtalates et le QI chez des enfants en âge scolaire.

Les phtalates, plastifiants chimiques, sont des perturbateurs endocriniens que l'on retrouve dans une grande variété de produits de consommation car ils ont la propriété de ramollir la matière. Il y en a dans les revêtements de sol, les rideaux de douche, le vinyle, certains rouge à lèvres, des laques pour les cheveux, des shampooings, des vernis à ongles ou encore des savons, précise l'étude parue dans la revue scientifique américaine "PLOS ONE".

Aucune information pour les femmes enceintes

Depuis 2009 aux Etats-Unis, plusieurs phtalates sont interdits dans des jouets et objets de puériculture - la même règle a été prise en France en 2011. Mais aucune mise en garde particulière n'a été prise pour informer les femmes enceintes. Les phtalates figurent rarement sur la liste des composants des produits.

Pour cette étude, les auteurs ont suivi 328 femmes et leurs enfants à New York dont les revenus sont modestes. Ils ont mesuré dans leur urine, au troisième trimestre de leur grossesse, les niveaux de quatre phtalates (DnBP, DiBP, di-2-ethylhexyle et diéthyle). Le QI des enfants a été testé quand ils avaient sept ans.

Un QI inférieur de plus de six points

Ceux qui avaient été exposés in utero aux concentrations les plus élevées de phtalates DnBP et DiBP avaient un QI de 6,6 à 7,6 points plus bas que ceux qui avaient été en contact avec des niveaux plus faibles. Pour autant, ces taux n'étaient pas inhabituels et étaient dans les limites de ce qui est constaté au niveau national par les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

"Partout aux Etats-Unis, les femmes enceintes sont exposées aux phtalates de manière quasi quotidienne dont un grand nombre à des niveaux similaires à ceux mesurés chez les sujets de l'étude", souligne Pam Factor-Litvak, professeur adjointe d'épidémiologie à l'Université Columbia.

"Une réduction de six ou sept points du QI peut avoir des conséquences notables pour le succès scolaire et le potentiel professionnel", juge Robin Whyatt, professeur de médecine environnementale à l'Université Columbia, qui a dirigé ces travaux.

 

(Avec AFP)

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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 23:04
Pollution domestique : les cosmétiques et la peinture rendent-ils nos enfants idiots ?
Edité par D.H. avec AFP
le 14 décembre 2014 à 14h21 , mis à jour le 14 décembre 2014 à 14h45.
TEMPS DE LECTURE
3min

A en croire une étude américaine parue mercredi dernier, les foetus exposés à des niveaux élevés de phtalates (produit que l'on trouve dans des produits de consommation tels que rouges à lèvres, laques pour les cheveux, vernis à ongles ou encore savons et peintures) ont un QI inférieur. Explications.

Les foetus exposés à des niveaux élevés de deux phtalates, des substances chimiques présentes dans de nombreux produits de consommation, ont un quotient intellectuel (QI) en moyenne plus bas, affirme une recherche mercredi. Il s'agit des phtalates de dibutyle (DnBP) et dedisobutyle (DiBP), précisent ces chercheurs de la faculté de santé publique de l'université Columbia à New York, auteurs de cette étude, première à établir un lien entre une exposition prénatale aux phtalates et le QI chez des enfants en âge scolaire.

On trouve ces phtalates dans une grande variété de produits de consommation comme dans les feuilles d'assouplissant pour sèche-linges, le vinyle, certains rougs à lèvres, laques pour les cheveux, vernis à ongles ou encore savons, peintures, matières plastiques et encres, précise l'étude parue dans la revue scientifique américaine PLOS ONE. Depuis 2009 aux Etats-Unis, plusieurs phtalates sont interdits dans des jouets et d'autres articles pour enfants. Mais aucune mise en garde particulière n'a été prise pour informer les femmes enceintes. Les phtalates figurent rarement sur la liste des composants des produits.

Pour cette étude, les auteurs ont suivi 328 femmes et leurs enfants à New York dont les revenus sont modestes. Ils ont mesuré dans leur urine, au troisième trimestre de leur grossesse, les niveaux de quatre phtalates (DnBP, DiBP, di-2-ethylhexyle et diéthyle). Le QI des enfants a été testé quand ils avaient sept ans. Ceux qui avaient été exposés in utero aux concentrations les plus élevées de phtalates DnBP et DiBP avaient un QI de 6,6 à 7,6 points plus bas que ceux qui avaient été en contact avec des niveaux plus faibles. Pour autant, ces taux n'étaient pas inhabituels et étaient dans les limites de ce qui est constaté au niveau national par les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC). "Partout aux Etats-Unis, les femmes enceintes sont exposées aux phtalates de manière quasi quotidienne dont un grand nombre à des niveaux similaires à ceux mesurés chez les sujets de l'étude", souligne Pam Factor-Litvak, professeur adjointe d'épidémiologie à l'Université Columbia. "Une réduction de six ou sept points du QI peut avoir des conséquences notables pour le succès scolaire et le potentiel professionnel", juge Robin Whyatt, professeur de médecine environnementale à l'Université Columbia, qui a dirigé ces travaux.
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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 20:34
Le Figaro



Si, dans certaines régions, les mers du globe sont devenues des véritables décharges à ciel ouvert, l'ensemble des océans est touché par le phénomène des micro-particules
Il aura fallu six ans et 24 expéditions, de la côte australienne en passant par le golfe du Bengale et la Méditerranée, pour arriver à cette estimation. Les océans seraient pollués par 268.940 tonnes de plastiques, réparties sur toutes les mers du globe, et plus particulièrement au niveau des gyres, ces gros tourbillons créés par les courants océaniques dans le Pacifique, l'Atlantique et l'océan Indien.
La pollution des océans par le plastique est connue depuis de nombreuses années. On estime que chaque année, six millions et demi de tonnes de détritus sont déversés dans les océans, dont 80% sont en plastique. La majorité provient de la terre (80%), le reste de la navigation en mer. On ignorait, en revanche, quelle était la quantité totale de plastique présente dans l'océan. Les déchets importants mettent plusieurs centaines d'années à se dégrader jusqu'à être réduits à l'état de microparticules, avant de disparaître totalement. Les scientifiques se sont employés à observer toutes les étapes du phénomène. Toutes ces informations ont été utilisées pour calibrer un modèle informatique de la répartition de ces déchets sur les océans.
Les gyres agissent comme des broyeurs

Les résultats de l'étude internationale ont été publié dans PLOS ONE, et avancent pour la première fois un chiffre pour cette masse totale de plastique: 268.940 tonnes réparties en au moins 5250 milliards de particules. Environ 56% sont situés dans l'hémisphère nord. À lui seul, le Pacifique nord en concentre environ 37%, notamment dans le grand gyre, baptisé par certains le «7e continent». Dans l'hémisphère sud, l'océan Indien concentre environ la moitié du plastique.
L'étude confirme que les grands courants marins et les vents dominants assurent le transport du plastique, souvent en plus gros morceaux, tandis que les gyres sont des zones d'accumulation et agissent comme des broyeurs. Après quoi, les micro-plastiques sont éjectés par les courants. Les résultats ont montré que ces petites particules sont situées dans tous les océans du globe, même les plus éloignés de l'action humaine.
Plus de circulation que prévue

Les scientifiques ont découvert que la quantité de matière est presque la même au Nord qu'au Sud, alors que l'hémisphère nord est bien plus industrialisé, et les zones côtières bien plus peuplées qu'au Sud. Dans leurs conclusions, les experts émettent l'hypothèse que la circulation entre les grands gyres des deux hémisphères «est bien plus importante que prévue».
Les scientifiques ont également découvert que les microparticules étaient 100 fois moins nombreuses qu'attendues. À cela, ils avancent plusieurs hypothèses: dégradation avec les rayons UV, biodégradation ou encore l'échouage sur les plages. Ils envisagent également que de nombreuses microparticules aient été absorbées par des organismes vivants: «De nombreuses espèces ingèrent les microplastiques et le rendent ainsi disponible pour des prédateurs plus gros, qui l'ingèrent à leur tour, et contribuent donc également à l'élimination différentielle de petites particules de la surface de la mer (…) En outre, il existe des preuves que certains microbes peuvent biodégrader des particules microplastiques.»
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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 17:31

 

 

http://www.euractiv.fr/sections/sante-modes-de-vie/couts-astronomiques-des-perturbateurs-endocriniens-chez-les-hommes-en-ue

Coûts astronomiques des perturbateurs endocriniens chez les hommes en UE

  
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Les perturbateurs endocriniens pourraient coûter jusqu'à 1,2 milliard d’euros par année d’exposition (Credit: [Spectral-Design]/Shutterstock)

Dans l’Union européenne, les perturbateurs endocriniens pourraient coûter près de 1,2 milliard d’euros par année d’exposition, et ce rien que pour les problèmes de l’appareil reproductif masculin, selon une étude menée dans les pays scandinaves.

Hypospadias, cryptorchidies, cancers du testicule, stérilité : certes, ce n’est là qu’un petit échantillon des méfaits imputés aux perturbateurs endocriniens, qui pourraient aussi entraîner diabète, obésité, cancers hormonodépendants (sein, prostate), troubles du comportement infantile, etc. Mais il s’agit de ceux dont le lien de causalité est le plus clairement établi avec ces agents chimiques.

L’exercice est donc assez différent de celui mené par l’association HEAL, qui estimait en juin à 31 milliards d’euros par an le coût sanitaire des perturbateurs endocriniens, toutes maladies confondues.

Bien que le lien entre perturbateurs endocriniens et troubles reproductifs soit désormais bien établi, la nouvelle étude, publiée par le Conseil nordique des ministres [1], n’a pu s’affranchir d’édicter des scénarios. En particulier sur la part de ces maladies réellement imputables à ces molécules, qui pourrait être de 2 %, 20 % ou 40 %.

Un chiffre probablement sous-évalué

Pour les cinq pays concernés, le scénario le plus pessimiste (40 % de cas liés aux perturbateurs endocriniens) équivaut à un coût sanitaire de 72,3 millions d’euros par année d’exposition. Le tout comprend le coût des traitements, celui des arrêts maladie et celui, plus difficile à chiffrer, des années de vie perdues et du handicap. Ces dernières n’étant pu être estimées pour la stérilité, ces coûts seraient donc sous-évalués, reconnaît le rapport.

>> A lire aussi : Le statu quo européen sur les perturbateurs endocriniens irrite la Suède et la France

En extrapolant ces chiffres aux 28 pays de l’UE (dont l’Islande ne fait pas partie), les experts estiment que les perturbateurs endocriniens coûtent 59 millions d’euros pour le scénario le plus bas (2 %), 592 millions d’euros pour le scénario 20 %, ou 1,184 milliard d’euros pour celui à 40 %.

Pour Lisette van Vliet, conseillère politique chez HEAL, « ce rapport devrait constituer le coup final au lobbying de l’industrie, qu’elle utilise afin de ralentir le processus de régulation des perturbateurs endocriniens. En ajustant à 40 % la part de ces maladies liées aux perturbateurs endocriniens, ces gouvernements démontrent clairement que le coût pour la population masculine pourrait être considérable, et que nous ne devrions donc pas utiliser ces produits chimiques ».

La Commission européenne en retard

Fortement entaché de soupçons de lobbying, le dossier des perturbateurs endocriniens accuse en effet bien du retard au niveau européen. La Commission européenne, qui n’a pas respecté son échéance du 14 décembre 2013 pour la présentation de critères de définition de ces substances, a soumis le sujet à consultation publique, ouverte jusqu'au 16 janvier 2015.

Elle s’est par ailleurs engagée à lancer une étude d’évaluation de l’impact économique qu’aurait le retrait des perturbateurs endocriniens – des travaux fortement souhaités par l’industrie. Ces études de coût sanitaire pourraient déjà lui en donner un premier aperçu…

>> A lire aussi : La France presse Bruxelles d'avancer sur les perturbateurs endocriniens

[1] Le Conseil nordique des ministres est un organe de coopération regroupant le Danemark, la Finlande, l’Islande, la Norvège et la Suède, leurs territoires autonomes (îles Féroé et Groenland pour le Danemark, îles Åland pour la Finlande), ainsi que trois pays observateurs, à savoir les trois États baltes (Lituanie, Lettonie et Estonie).

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