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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 19:57

Jouanno : «Les biberons au bisphénol A restent interdits»  

Mots clés : Bisphénol AInterviewBiberonsChantal Jouanno

Par Marielle Court
01/10/2010 | Mise à jour : 20:50
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«La priorité, c'est la protection des bébés, très fragiles», explique Chantal Jouanno.
«La priorité, c'est la protection des bébés, très fragiles», explique Chantal Jouanno.Crédits photo : FRANCOIS MORI/ASSOCIATED PRESS

Bien que l'Autorité européenne de sécurité des aliments ait estimé que ce plastique ne constituait pas une menace pour la santé, la secrétaire d'Etat à l'écologie préfère ne prendre aucun risque.

LE FIGARO. - Que pensez-vous de l'avis de l'Efsa concernant le bisphénol A ?

Chantal JOUANNO - L'Efsa maintient la dose maximum admissible à 0,05 mg par kilo de poids corporel et par jour. Mais sur le fond, elle reconnaît l'impact sur la santé. On sait depuis longtemps que le bisphénol A (BPA) est un perturbateur endocrinien. Et elle souligne surtout qu'il n'y a pas assez d'études concernant l'impact sur l'homme.

Pensez-vous nécessaire de maintenir l'interdiction du BPA dans les biberons ?

La priorité, c'est la protection des bébés, très fragiles. Les études montrent non seulement une possible contamination par le lait maternel, voire de la mère au fœtus puisque le BPA traverse la barrière placentaire, mais elles soulignent une migration des biberons en plastique vers le lait lorsqu'ils sont trop chauffés. On maintient donc leur interdiction. On peut les remplacer par des biberons en verre. Pour les autres produits contenant du BPA (boîtes en plastique allant au micro-ondes, intérieur des boîtes de conserve…), nous devons d'abord nous assurer que les substances susceptibles de le remplacer sont moins dangereuses.

D'autres substances dans les peintures, les colles, les produits ménagers… sont soupçonnées, mais le risque pour l'homme est difficile à établir. Comment gérer l'incertitude ?

Ces problématiques entrent difficilement dans le schéma classique de la médecine de Pasteur : un agent pathogène, un problème, une maladie associée. On fait des progrès en matière de connaissance des effets de substances isolées, mais on ne sait pas encore bien gérer les multiples expositions à de faibles doses et sur le long terme. Le seul moyen d'avancer, c'est de développer des programmes de biosurveillance pour savoir à quoi les gens sont exposés et comment leur organisme réagit. Début 2011, nous lançons un programme de suivi d'une cohorte de 20 000 enfants âgés de 0 à 18 ans. On va analyser leur mode de vie sur la durée : à quoi sont-ils exposés, quelle est leur alimentation, quelles sont les maladies dont ils sont atteints… C'est le seul moyen de construire une médecine préventive de qualité.

L'innocuité des téléphones portables, notamment chez les enfants, n'est pas assurée. Faut-il renforcer les mises en garde ?

Quelque 12 % des études sérieuses disent qu'il y a un effet biologique potentiel des radiofréquences. C'est un signal important que nous ne pouvons ignorer compte tenu de l'usage croissant des téléphones par les enfants. Pour le moment, ils sont interdits dans les écoles. Nous demandons aux fabricants de réduire la puissance des ondes émises. J'aimerais que l'on aille plus loin avec des téléphones ne fonctionnant qu'avec des oreillettes ou des SMS.

À l'inverse, les études sur les antennes relais sont rassurantes, mais beaucoup de gens restent méfiants…

Aucune étude jugée fiable n'a permis d'identifier un risque sur la santé avec les antennes-relais. Mais il y a une demande sociale très forte. On se doit d'y répondre. Des tests sont donc conduits pour améliorer la concertation locale. Les installateurs expérimentent également une diminution de la puissance des antennes. Il faut toutefois éviter que cela conduise à renforcer la puissance émettrice du téléphone pour qu'il capte le signal, ce qui se traduirait par une exposition plus forte des utilisateurs.

«Il ne faut pas poser le débat en termes d'absence ou non de risques, mais quel problème voulons-nous résoudre avecdes innovations», dites-vous dans votre livre (1). Est-ce une mise en cause du principe de précaution ?

Non, au contraire, cet enjeu est au cœur de l'application du principe de précaution, un principe dont on a besoin. Ce qui est mauvais, c'est l'interprétation faite dans sa mise en œuvre. Le principe de précaution ne signifie pas qu'il faut démontrer l'absence de risques à 100 %. C'est impossible. Le doute est constitutif de la science, et le risque, inhérent aux activités humaines. En revanche, on peut accepter un certain niveau de risque avec un produit si on a une claire vision des bénéfices qu'il apporte à la société. Si l'avantage est très important, on accepte un niveau de risque supérieur et vice-versa.

(1) Sans tabou, Éditions La Martinière

 

LIRE AUSSI :

» Le bisphénol A ne présente pas de risques pour la santé

» Bisphénol A : les biberons ne sont pas seuls concernés

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