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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 17:34


28-09-2006                       >lire les commentaires     >faire un commentaire
par Albert-Baudoin Twizeyimana, Marie-Agnès Leplaideur
Rwanda
Qui va à Kigali laisse ses sacs en plastique

(Syfia Grands Lacs/Rwanda) N'utilisez plus de sacs en plastique dans vos bagages si vous allez au Rwanda. Depuis début septembre, ils sont confisqués dès l'aéroport car leur usage est interdit dans ce pays. On doit tout transporter dans des paniers ou des sacs fabriqués localement, plus écologiques. 

"Si tu ne laisses pas tes sacs en plastique chez toi, tu les laisseras à la porte de la ville, à l’aéroport ou tout au long des grands axes routiers menant en ville", explique posément, fin septembre, un policier de l’aéroport international de Kigali à un voyageur furieux de voir l'emballage plastique de son bagage arraché. Depuis le 2 septembre, en effet, les autorités de l'aéroport interdisent à quiconque d'entrer dans le pays avec des sacs en plastique. A l'arrivée dans la capitale rwandaise, les bagages des voyageurs sont fouillés et leurs sachets échangés contre des sacs périssables. "Nous avons amorcé les négociations avec d’autres aéroports étrangers, afin de collaborer dans ce sens", révèle le colonel Mbaraga, directeur général de la régie des aéroports. 
Une décision qui vient renforcer l'opération communément appelée "la chasse aux sachets" lancée depuis deux ans par le ministère de l’Environnement pour dépolluer le pays. Dans tout le Rwanda, la police barre les grands axes et fouille à l'improviste les voyageurs, confisquant tous les sacs en plastique sans égard pour les marchandises et leurs malheureux propriétaires. "Ceux qui nous empêchent d'utiliser ces sacs devraient nous trouver d’autres alternatives", se plaint un villageois, très amer, contraint de vider sur la route son sac plein de haricots. 
Le gouvernement conseille d’utiliser des paniers traditionnels ou des sacs artisanaux fabriqués avec des écorces ou des feuilles de bananiers. "Les produits finis de notre art sont très recherchés ailleurs. Nous devons les utiliser au lieu de recourir à ces polluants persistants", affirme un agent du ministère des Terres, de l’environnement, des forêts, de l’eau et des ressources naturelles. Mais la population n'est guère satisfaite, car ces contenants sont souvent très chers, très fragiles et peu souples. "Auparavant, je pouvais utiliser un sac en plastique de 100 Frw (0,20 $) pendant deux mois et le transporter en mains même plein. Mais celui fabriqué en écorces de bananiers de 500 frw (1 $) ne dure pas un mois", témoigne une villageoise de Runda, province du Sud. En outre, actuellement ces sacs et paniers ne sont pas produits en quantités suffisantes pour répondre aux besoins. Les associations de tresseuses de paniers et de sacs locaux qui naissent un peu partout en fixent les prix à leur guise. 

Prendre son panier pour aller au marché
Les gens n'ont, de toutes façons, pas le choix, car à l’heure actuelle, personne n’a le droit d'importer, d'étaler dans son échoppe ou au marché et de vendre des sacs en plastique. Les Rwandais s’habituent donc, petit à petit, à aller au marché avec de gros sacs ou des paniers que les paysannes se plaignent de devoir porter à l'aller comme au retour, au lieu de partir les mains vides et d'acheter le sac sur place. On trouve bien des sachets en papier, mais ils sont peu utilisés, car très fragiles, presque à usage unique et coûtent aussi cher que le sachet plastique qui durait un mois. Transporter des marchandises et les conserver devient un casse-tête pour tous. "On ne sait pas emballer ou conserver le pain dans un papier carton. Il est vite pourri", se plaint un pâtissier de Kigali. 
"Entre la pollution de notre planète et le difficile transport, le choix est clair", estime en revanche cet agent du ministère de l'Environnement. "Ces plastiques handicapent la collecte et l’assainissement par le sol des eaux pluviales et des eaux usées d’une part ; notre société n’est pas encore en mesure de gérer ses déchets", explique un agent de REMA (Rwanda Environment Management Authority). Mais les sacs prohibés ne sont pas les seuls responsables de la pollution : flacons de médicaments, bouteilles en plastique, emballages perdus, jonchent le sol par endroits. Tous ces déchets, ramassés il y a plus d’une année, n’ont pas encore été détruits. Leur incinération ou leur enfouissement doivent être réglementés par un arrêté du ministre de l'Environnement qui n'a pas encore été pris. 
En attendant, pas question de les laisser traîner dans la nature sans autorisation, l'amende encourue va d’un million à cinq millions de francs rwandais (soit 2 000 à 10 000 $). Gare à ceux qui brûlent des ordures ménagères, des pneumatiques ou des plastiques, cela peut leur coûter de 10 000 à 50 000 Frw (100 à 500 $) d'amende !

ENCADRE

Haro sur les sacs en plastique : une lutte mondiale

L'Afrique du Sud a été le premier pays d'Afrique à interdire les sacs en plastique les plus fins, ceux qu'on jette dès la première utilisation et à imposer une taxe sur les autres emballages faisant chuter rapidement de 80 % la quantité de sacs utilisés. 
En Rd Congo, c'est la ville de Lubumbashi qui fait figure de pionnière pour avoir interdit l'usage des sacs en plastique en zone urbaine. A Kinshasa, ce même projet n'a finalement pas eu de suites.
Un peu partout dans le monde, la chasse à ces sacs, issus de sous-produits du pétrole qui mettent des années à se décomposer, est ouverte. C'est en Irlande qu'ils ont été bannis les premiers. En France, ils ont commencé à disparaître des supermarchés et devraient être totalement supprimés en 2010. Ils vont être remplacés par des sacs en plastique biodégradables à base de pommes de terre ou d'amidon de maïs déjà utilisés dans certains magasins. 
M-A L

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Published by Pierre Duterte
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