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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 13:22

le figaro.fr

Les océans du monde noyés sous le plastique

Le plastique contamine la chaîne alimentaire via les animaux qui les ­ingèrent.

 

Jusqu'à 13 millions de tonnes de déchets plastiques  ont été déversés dans les mers en 2010.

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L'italien ?Apprenel'italien avec Babbel et LeFigaro

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Depuis quelques années, le plastique est devenu omniprésent dans les divers océans du monde. Les expéditions qui se multiplient montrent de gros déchets échoués sur les plages, de fines particules tournoyant dans de grands gyres océaniques ou des bouchons et autres sacs de supermarché cachés dans les estomacs d'animaux marins.

Ce type de pollution a commencé à être recensé au début des années 1970. «Pour autant, quarante ans plus tard, aucune estimation rigoureuse n'existe sur la quantité et l'origine des plastiques qui affluent vers les océans», regrette une équipe de chercheurs américains et australiens qui s'est donc employée à répondre à cette question.

Publiés dans la revue Science, leurs résultats sont édifiants: selon leurs calculs, les déchets plastiques produits en 2010 par quelque 192 pays * représentaient environ 275 millions de tonnes (soit 11 % de la quantité totale de déchets), dont 4,8 à 12,7 millions de tonnes sont déversés dans les mers du monde entier. «Cela représente cinq sacs de supermarché pleins de déchets en plastique tous les 30 centimètres le long des côtes des 192 pays que nous avons étudiés», précise Jenna Jambeck, chercheuse à l'University of Georgia et principal auteur de la publication.

Le nombre de produits en plastique n'a cessé de croître depuis leur apparition dans les années 1930. «En 2012, la production de plastique a atteint 288 millions de tonnes, soit une augmentation de 620 % depuis 1975», soulignent les chercheurs. Gros consommateur, un Américain moyen produit environ 2 kg de déchets par jour, dont 13 % sont en plastique. Or le traitement de ces déchets est arrivé tardivement dans les pays occidentaux, et dans le reste du monde, de nombreux pays n'ont toujours aucune infrastructure.

« Les quantités de plastiques qui terminent leur route dans les océans seraient de 10 à 1000 fois plus importantes que la masse des débris concentrés dans les gyres ou ailleurs dans la mer »

L'une des questions mises en avant par la publication est le devenir de ces plastiques. «Une grande quantité est faite avec du polyéthylène, dont l'une des caractéristiques - outre la persistance - est qu'il flotte», explique la chimiste Alexandra Ter Halle (CNRS/université Paul-Sabatier à Toulouse). «Jusqu'à présent, on considérait que les échantillonnages récoltés dans les gyres à la surface de la mer représentaient environ la moitié des plastiques rejetés», poursuit la scientifique, qui fait partie des chercheurs associés aux expéditions 7e Continent dont l'objectif est de faire prendre conscience de cette pollution.

Or les chiffres mis en avant par la publication de Sciencemontrent que «les quantités de plastiques qui terminent leur route dans les océans seraient de 10 à 1000 fois plus importantes que la masse des débris concentrés dans les gyres ou ailleurs dans la mer». Où passe le reste? La question est d'autant plus importante que les chercheurs estiment que si rien n'est fait pour améliorer la gestion des déchets dans les années à venir, «on prévoit un décuplement de la quantité de plastique déversée dans la mer d'ici 2025».

Mais aujourd'hui, la communauté scientifique cherche aussi à comprendre et mesurer les effets de cette pollution. «Les premiers travaux montrent qu'il y a des impacts avec des animaux piégés dans certains débris, d'autres qui ingèrent les microparticules de plastique décomposé. Le plastique peut également servir de support à des espèces invasives, à des molécules chimiques, ou encore à des bactéries.» Autant d'éléments susceptibles de contaminer la chaîne alimentaire via les animaux qui les ingèrent.

La fragmentation du plastique est parfois tellement importante qu'il paraît totalement illusoire de vouloir nettoyer l'eau. «La seule solution possible pour réduire leur impact est de réduire cette pollution», insistent les chercheurs.

* Soit la quasi-totalité des pays reconnus par la communauté internationale.

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Published by Pierre Duterte
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