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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 20:57

 

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ACTU NUTRITION

Sécurité alimentaire

Des toxiques dans nos assiettes ?

Dioxines, bactéries entéropathogènes, pesticides… Le contenu de nos assiettes est régulièrement montré du doigt, accusé d’être contaminé par toutes sortes de substances délétères. Pour autant, notre alimentation est-elle plus à risque aujourd’hui ? Pas si sûr répond l’étude EAT 2 qui dresse un bilan en demi-teinte de l’exposition alimentaire de la population française aux substances chimiques

15% des substances chimiques contenues dans notre alimentation présentent un risque sanitaire qui ne peut être écarté. Telles sont les conclusions de l’étude EAT 2 dont les résultats ont été récemment publiés par l’Anses*. Pour obtenir ces données, les chercheurs de l’Anses ont passé au crible sur une période de 4 ans ( 2006-2010), 90% de l’alimentation des Français à la recherche de 445 substances chimiques potentiellement dangereuses (pesticides, métaux lourds, contaminants issus des activités humaines, phyto-estrogènes, additifs,...). Au total, près de 250 000 résultats d’analyses ont été colligés, permettant, en les croisant avec les données sur les habitudes alimentaires, d’estimer l’exposition alimentaire globale des consommateurs à ces différentes substances, et de les comparer, lorsqu’ils existent, à des seuils toxicologiques disponibles considérés comme sans danger pour la santé ou valeurs toxicologiques de référence disponibles (VTR).

12 substances à risque

Résultats : si pour 85% des substances étudiées, tout risque sanitaire est écarté -ou du moins les expositions des consommateurs restent toujours en deçà des VTR- pour les 15% restant les données sont plus mitigées. Ainsi, pour une douzaine de substances, « le risque de dépassement de VTR ne peut être exclu pour certaines catégories de la population, souvent caractérisées par une forte consommation de certains aliments spécifiques » résume l’Anses. : C’est le cas de certains composés inorganiques (cadmium, arsenic inorganique, aluminium, méthylmercure), des sulfites (additif présent notamment dans le vin), d’une mycotoxine (deoxynivalénol) , et ses dérivés, de l’acrylamide (composé néoformé lors de la cuisson) et d’un pesticide (diméthoate). C’est également le cas pour le plomb, les PCB et les dioxines et ce en dépit des baisses d’exposition observées par rapport à l’étude EAT1.

Évolutions positives

Comparés aux résultats d’EAT 1 (2000-2004), des évolutions positives, pour des substances comme le plomb ou certains polluants organiques persistants, ont en effet été constatées. Ainsi, concernant les dioxines et les PCB, les derniers résultats montrent que le pourcentage d’adultes et d’enfants potentiellement exposés à des niveaux supérieurs aux VTR est passé de 20 à 28% en 2005 à moins de 1% aujourd’hui. Cette évolution favorable est notamment la conséquence d’une interdiction des PCB en France depuis désormais plus de 15 ans. Pour autant, « nous les avons jugés« préoccupants » en ce sens qu’un certain pourcentage de la population reste au-delà des valeurs toxicologiques, de référence (VTR) mais la situation est nettement moins alarmante qu’il y a 5 ou 10 ans, commente Dr Jean-Charles Leblanc, coordinateur de l’étude EAT2 . La dynamique de réduction des expositions est clairement engagée et les contraintes réglementaires montrent ici leur efficacité. Les résultats sont globalement positifs ». Par ailleurs, pour les pesticides, les résultats confirment les données des plans de surveillance et de contrôle qui font apparaître un niveau de conformité supérieur à 95% au regard des seuils réglementaires. Au total, EAT 2 confirme donc « le bon niveau de maîtrise des risques sanitaires associés à la présence potentielle de contaminants chimiques dans les aliments en France, sur la base des seuils réglementaires et valeurs toxicologiques de référence disponibles » conclu l’Anses.

Des pesticides dans le sang

Des données plutôt encourageantes qui vont dans le même sens que celles publiées peu avant par l’inVS dans son étude « Exposition de la population française aux polluants de l’environnement ». Ce travail s’est intéressé à l’imprégnation biologique de la population française pour différentes substances chimiques présentes dans l'environnement ou l’alimentation total, la présence de onze métaux, six polychlorobiphényles (PCB) et trois familles chimiques de pesticides (organochlorés, organophosphorés et pyréthrinoïdes) a été mesurée. Ces substances ont été dosées dans les prélèvements de sang, d’urine, ou de cheveux recueillis chez 2000 personnes habitant en France métropolitaine, sauf pour le mercure (365 personnes), les pesticides et PCB (environ 400 personnes). « Cette exposition interne intègre les différentes sources d’exposition et l’aspect cumulatif des toxiques explique le Dr Jean-Charles Leblanc. Si la source d’exposition se fait majoritairement par voie alimentaire, les valeurs d’imprégnation peuvent rendre compte d’un niveau de risque inférieur au nôtre, alors qu’à l’inverse, lorsque les voies d’exposition sont diverses, les niveaux d’imprégnation rendent généralement compte d’un niveau de risque plus élevé ». Selon l’InVS, si les niveaux de plomb, cadmium, mercure, arsenic organique, sont stables ou en baisse, certains pesticides, eux, sont présents à des niveaux au moins trois fois plus élevés que chez les Américains ou des Allemands. Néanmoins, selon leurs résultats, la population française présente des niveaux d’exposition aux métaux lourds et aux pesticides organochlorés globalement bas et conformes aux niveaux observés à l’étranger.

Diversifier l’alimentation

Quoi qu’il en soit, pour prévenir tout risque de dépassement toxicologique, « Il faut diversifier son alimentation analyse le Dr Jean-Charles Leblanc. En effet, nous avons identifié des aliments contribuant fortement à l’exposition à certaines substances pour lesquelles un risque ne peut être exclu. Il peut s’agir d’aliments qui ne sont pas nécessairement très contaminés, mais qui sont très consommés ou à l’inverse d’aliments qui ne sont pas nécessairement très consommés mais qui présentent les plus fortes teneurs en contaminants ». Pour quelques substances, les contributeurs majoritaires sont par exemple le pain (cadmium, plomb, DON et dérivés) et les pâtes (aluminium), le café chez les adultes (cuivre, arsenic inorganique et acrylamide) et dans une moindre mesure, le lait chez les enfants (plomb, arsenic inorganique). Certains aliments peuvent présenter de plus fortes teneurs en contaminants, tels les poissons gras, qui concentrent fortement les dioxines et PCB, ou du thon pour le méthylmercure.

En fonction de la situation, « les stratégies de diminution des expositions se porteront aussi sur des actions de réglementation, des actions auprès des filières et/ou de recommandations de consommation auprès des populations cibles » indique le Dr Leblanc.

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Published by Pierre Duterte
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