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dans le Généraliste de ce 27 septembre 2011
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De Stéphane Horel - 52 min - France - 2010
© Mosaïque Films / Diff : France 5
Les produits de la révolution pétrochimique se retrouvent aujourd’hui dans nos corps sous des noms barbares : phtalates, bisphénol-A… Ces perturbateurs endocriniens peuvent être à l’origine des
maladies "modernes" : cancer du sein, obésité… Avec humour et poésie, le fi lm raconte l’histoire d’amour de l’homme avec le confort plastique et l’abondance électroménagère.
> Jeudi 6 octobre 2011 - 15h45 - Auditorium / séance
lycées
Mots clés : Océans, Pollution, Plastiques
Par Yves MisereyMis à jour le 15/09/2011 à 19:15 | publié le 15/09/2011 à 18:59 Réactions (22)
Plus de 240 millions de tonnes de plastiques sont produites chaque année dans le monde. Une petite partie se retrouve dans les océans sous forme de minuscules débris dont la taille ne dépasse pas 1 mm. Ils flottent à la surface de l'eau ou sont piégés dans les sédiments. Cette pollution est apparue à partir des années 1960 et, depuis, elle s'amplifie. L'an dernier, une équipe de scientifiques européens estimait qu'il y avait environ 500 tonnes de plastiques en Méditerranée parmi lesquelles beaucoup de microparticules. L'ONU et plusieurs laboratoires dans le monde se sont saisis du dossier.
Une équipe pilotée par Richard Thompson, de l'université de Plymouth (Angleterre), vient de faire une découverte inattendue : près de 80 % des particules piégées dans les sédiments sont des morceaux de fibres synthétiques issus de l'industrie textile. Dans les échantillons prélevés sur 18 sites côtiers dans les six continents, ils ont trouvé du polyester (56 %), de l'acrylique (23 %), du polypropylène (7 %), du polyéthylène (6 %) et des fibres polyamides (3 %). Autrement dit, c'est en lavant leur linge que les humains salissent les océans. Leurs travaux sont publiés en ligne dans la revue américaine Environmental Science & Technology.
Le petit coup de génie des chercheurs anglo-saxons est d'avoir voulu savoir ce qui se passe avec une machine à laver. En lavant un seul vêtement et en filtrant l'eau, ils ont récolté en moyenne 1900 microparticules. Selon leur calcul, 100 fibres par litre sont relarguées dans les eaux de lavage. Vu la population mondiale on imagine les quantités que cela peut représenter. Les stations d'épuration ne piégeant pas ces particules ultralégères, elles descendent les cours d'eau pour finir en mer. «Il y a sûrement d'autres sources que les textiles synthétiques, reconnaît Mark Anthony Browne, le premier auteur de l'étude, comme la fragmentation des sacs ou les particules plastiques présentes dans les produits de nettoyage. Des recherches doivent encore être menées mais les industriels du textile et de l'électroménager ainsi que les spécialistes des stations d'épuration doivent s'atteler au problème». Le consommateur pourrait, lui, préférer les matières naturelles comme le coton.
Les microparticules de plastiques peuvent, selon lui, présenter un risque pour la faune marine qui les absorbe. Elles sont soupçonnées, en effet, d'attirer et de charrier des substances toxiques comme les HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) ou les PCB (polychlorobiphényles). La dérive des particules plastiques modifie aussi le milieu marin car elles transportent certains planctons qui restent normalement attachés à des supports fixes, ajoute François Galgani, de la station Ifremer de Bastia.
Des substances présentes dans les plastiques, mais aussi dans les pesticides, détergents, cosmétiques et rejets industriels, sont accusées d'interférer avec notre système hormonal et d'agir notamment sur la fertilité masculine. À l'occasion d'une récente étude mettant en cause des bouteilles d'eau minérale en plastique, retour sur ces composés appelés « perturbateurs endocriniens » en compagnie de René Habert, professeur de physiologie de la reproduction à l'Université Paris 7.
Par Paloma Bertrand, le 23/06/2009
« En 1970, en région parisienne, un homme produisait en moyenne 90 millions de spermatozoïdes par millilitre de sperme. En 1995, il n'en produit plus que 50 millions. »
Spermatozoïdes moins nombreux, moins mobiles, mal formés. Dans les bureaux flambants neufs de l'Université Paris Diderot - Paris 7, René Habert, qui dirige l'unité « gamétogénèse et génotoxicité » (CEA/Inserm) est formel. Actuellement, un homme produit en moyenne deux fois moins de spermatozoïdes que son grand-père n'en produisait au même âge. René Habert n'est pas le seul à faire le constat d'une baisse de la fertilité masculine, la communauté scientifique s'accorde à reconnaître les faits. En outre, durant les dernières décennies, sont également notées une recrudescence de cancers hormono-dépendants (testicule, sein, prostate, thyroïde) et une avancée de l'âge de la puberté chez les jeunes filles.
Comment expliquer de tels phénomènes ? « Une baisse de la fertilité masculine aussi rapide ne peut être le fruit d'une évolution naturelle, elle ne peut provenir que de notre environnement, de notre mode de vie », explique René Habert. En fait, il semblerait que des molécules issues de procédés industriels (provenant de certains plastiques, cosmétiques, détergents ou pesticides) viendraient perturber la production ou l'action de nos hormones. Pour cette raison, les scientifiques les nomment « perturbateurs endocriniens ».
Dès 2007, l'Union européenne recense plus de 300 perturbateurs endocriniens ; et depuis, de nouvelles substances viennent régulièrement enrichir la liste. Certaines, dont la toxicité est avérée même à très faible dose, sont retirées du marché. Les autres restent sous haute vigilance : scientifiques, industriels, médias et politiques alimentent le débat.
Qu'est-ce qu'un perturbateur endocrinien et comment fonctionne-t-il ? Ces petites molécules sont généralement incorporées à un produit initial afin d'en améliorer les « performances ». Les phtalates, par exemple, assouplissent le plastique, améliorent sa tenue aux chocs et au froid, empêchent le vernis de craquer, aident une crème à pénétrer dans la peau ; les retardateurs de flamme ralentissent la combustion…
Chimiquement, ces composés se détachent de l'élément principal auquel ils sont incorporés et se dispersent dans le milieu qui les environne : l'air, les liquides, les aliments… Respirées, ingérées, absorbées par la peau, ces substances interagissent alors avec le système hormonal selon différents modes opératoires à ce jour encore mal compris. Certains perturbateurs imitent le fonctionnement d'hormones naturelles, d'autres bloquent leur action ou encore perturbent leur production, leur circulation ou leur décomposition.
Expertises scientifiques, pressions de la société civile, atermoiements politiques, prises de position des industriels… L'exemple des biberons au bisphénol A (BPA) est un cas d'école. Le BPA est un composé chimique présent dans de nombreuses boîtes de conserve, canettes et récipients en plastique, dont les biberons. En avril 2008, sous la pression des consommateurs, le Canada classe le BPA dans la catégorie des substances dangereuses et interdit son utilisation dans les biberons. En avril 2009, la France adopte la position inverse : après consultation de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments et de l'Autorité européenne de sécurité des aliments, le ministère de la Santé estime que la quantité de BPA utilisée dans les biberons est trop faible pour être toxique et qu'il n'y a donc pas lieu d'interdire la commercialisation de ces biberons. Entre temps, les industriels ont pris les devants et proposent désormais des biberons en plastique sans BPA.
Une autre affaire du même ordre surgit en avril 2009 : une étude allemande révèle, pour la première fois, la présence d'une activité hormonale dans des bouteilles d'eau en plastique. « Les études précédentes ayant montré que les bouteilles en plastique ne rejetaient pas plus de composés hormonaux que les bouteilles en verre, Il est important de vérifier si ces nouveaux résultats se confirment », annonce René Habert. Ces hormones proviennent-elles du plastique, de l'antimoine (un matériau utilisé lors de la fabrication de la bouteille en plastique), de l'eau elle-même ? La question n'est pas encore résolue. Mais comme le déplore René Habert, « dans le domaine des perturbateurs endocriniens, le secret industriel qui protège les procédés de fabrication ne facilite pas la tâche des scientifiques ».
Les sujets d'interrogation sur les perturbateurs endocriniens sont légion : les substances suspectées sont très nombreuses et constituent une « population » hétérogène dont les modes d'action et les conséquences sur la santé ne sont pas identiques. En toxicologie, il existe une règle d'or : c'est la dose qui fait le poison, un produit ne devenant toxique qu'à partir d'un certain seuil. Et c'est sur cette règle que s'appuient les industriels pour défendre leurs produits. Mais il semble que pour les perturbateurs endocriniens, les choses soient plus compliquées.
Ainsi, certains d'entre eux seraient peu toxiques à concentration moyenne et très toxiques à des doses faibles. De plus, ce ne serait pas seulement la dose mais aussi le moment et la durée de l'exposition qui seraient à prendre en compte. Enfin, dernier point et non des moindres : les effets conjugués de plusieurs perturbateurs endocriniens. Présents à des doses jugées toxiques, leur mélange pourrait dans certains cas les rendre inoffensifs. Inversement, des perturbateurs présents à des doses infimes pourraient voir leurs effets démultipliés. À défaut de comprendre ce phénomène, les chercheurs lui ont donné un nom : l'effet cocktail. Et la question est de taille : en effet, qu'en est-il de l'exposition même minime, mais concomitante, à des dizaines de composés chimiques différents ? René Habert estime qu'il faudra une dizaine d'années pour éclaircir tous ces mystères.
En attendant, la vigilance s'impose, particulièrement pour les femmes enceintes et les très jeunes enfants. La période de gestation (particulièrement les trois premiers mois de la grossesse) semble être cruciale. L'infertilité masculine et certains cancers hormono-dépendants seraient les conséquences d'une exposition à des perturbateurs endocriniens au stade fœtal ou dans la prime enfance. L'Agence danoise de protection de l'environnement distribue d'ailleurs à toutes les femmes enceintes et à celles qui allaitentneuf conseils pratiques. L'État français s'oriente aussi vers ce type de recommandations comme en témoigneles priorités annoncées par la ministre de la Santé lors d'un colloque sur « l'environnement chimique, la reproduction et le développement de l'enfant » organisé en novembre 2008. Signe que, sans encore invoquer le principe de précaution, les politiques se sont emparés du dossier avant que les énigmes aient été toutes élucidées.
Paloma Bertrand, le 23/06/2009
http://www.lefigaro.fr/environnement/2011/08/23/01029-20110823ARTFIG00459-un-produit-toxique-impregne-dans-des-vetements-neufs.php
Mots clés : Textile, Vêtements, Toxiques, CHINE, INDE, EUROPE, Nonylphénol,GREENPEACE, DIRTY LAUNDRY
Par Tristan VeyMis à jour le 23/08/2011 à 16:38 | publié le 23/08/2011 à 16:37 Réactions (30)Quatorze grands fabricants de vêtements, parmi lesquels Nike, Lacoste ou H&M, sont pointés du doigt par l'étude «Dirty laundry 2» (Linge sale 2, ndlr) de Greenpeace. Sur 78 échantillons d'articles neufs achetés dans 18 pays, notamment européens, 52 présentaient des traces d'éthoxylates de nonylphénol (NPE). Seul Gap, dont deux échantillons ont été testés, ne présente que des résultats négatifs. Le précédent rapport «Dirty laundry» portait sur les conditions désastreuses de la production textile en Chine.
Les NPE sont dangereux car ils se dégradent rapidements dans l'environnement en nonylphénols simples (NP), une substance persistante supposée toxique pour la reproduction et la croissance des êtres vivants. Tout produit commercial contenant des NP porte en Europe les mentions «risque possible d'altération de la fertilité», «risque possible pendant la grossesse d'effets néfastes pour l'enfant» et «très toxique pour les organismes aquatiques, peut entraîner des effets néfastes à long terme pour l'environnement».
Leur dangerosité est accentuée par le phénomène de bioaccumulation. En piègeant les NP contenus dans l'eau, les algues concentrent le produit toxique. Elle sont ensuite mangées par les poissons qui accumulent à leur tour «le poison» dans leur graisse. Et ainsi de suite, jusqu'au bout de la chaîne alimentaire où on retrouve l'homme. Certaines études ont ainsi montré que le lait maternel pouvait contenir des traces de cette substance chimique artificielle.
Les effets reprotoxiques ou cancérigènes pour les animaux et les hommes ne sont en revanche pas clairement établis même s'il existe des études en ce sens. Les NP semblent agir sur le système endocrinien sans que le mécanisme d'action et ses conséquences sur la fertilité ou la croissance des tumeurs n'ait été décrypté.
«Rien ne permet de penser que les niveaux de NPE mesurés (entre 1 et 27.000 mg/kg, ndlr) présentent un risque direct pour les personnes qui portent ces vêtements», rassure d'ailleurs Greenpeace dans son rapport. Martin Bésieux, le responsable belge de cette campagne organisée par la branche chinoise de l'organisation environnementale, ajoute qu'un simple lavage à l'eau permet de faire partir la quasi-intégralité des molécules. Les rejets associés dans l'environnement sont probablement négligeables en Europe.
Ce n'est pas le cas en Chine, au Bangladesh ou en Inde où les fabricants de vêtements en utilisent certainement beaucoup. «Les analyses des produits finaux ne nous permettent pas d'estimer ces quantités mais elles nous montrent que leur emploi est très courant», note Martin Bésieux. Avant que les NP ne soient interdits dans l'industrie textile européenne en 2003, les rejets dans les cours d'eau étaient importants et pourraient avoir durablement affecté les écosystèmes et les populations.
LIRE AUSSI:
» DOCUMENT - Le rapport Dirty laundry 2 de Greenpeace