Mardi 27 avril 2010
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19:01
La chambre d’enfants peut à juste titre donner des frissons : le souci de l’entretien facile y a, en effet, multiplié
les surfaces lisses à rafraîchir d’un coup d’éponge, inévitablement enrichies de plastiques de toutes dénominations. Ironie du sort : c’est le souci de l’hygiène qui a popularisé ces
substances.
Les jouets ne sont pas les moindres suspects. Fin novembre 2009, à la saison où les enfants écrivent au Père Noël, la revue
60 millions de consommateurs attirait l’attention des parents sur la présence de substances toxiques telles que des peintures à base de plomb, des poupées porteuses de phtalates et
des trousses de maquillage pour enfants contenant du baryum, métal lourd. Une tortue à assembler contenait des quantités élevées de formaldéhyde, cancérigène, et un puzzle magnétique,
quatre métaux lourds, baryum, plomb, sélénium et antimoine, et plus de formaldéhyde.
Et de rappeler l’affaire Mattel en 2007, où le géant du marché avait dû retirer 20 millions de jouets et accessoires fabriqués en
Chine : ils contenaient des peintures à base de plomb, capable de causer des encéphalopathies, de l’anémie et du saturnisme.
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Samedi 24 avril 2010
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14:12
Il faut donc affronter pour l’enfance et la jeunesse un risque de plus que celui des troubles mentaux induits par
les perturbateurs endocriniens : celui de troubles intellectuels induits cette fois par les champs électromagnétiques. À cette année 2010, aucune autre mesure n’a été prisé à l’égard de
l’usage des téléphones cellulaires n’a été prise que de déconseiller du bout des lèvres leur usage par les enfants. Quant aux adultes, ils sont assez grands pour prendre leurs
responsabilités.
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Vendredi 23 avril 2010
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08:03
La question de l’effet des champs électromagnétiques sur l’être humain appartient, en effet, au domaine des grands tabous. Dès
que le sujet est évoqué, les chercheurs qualifiés changent d’attitude : ils lèvent les yeux au ciel, esquissent un sourire désabusé ou revêtent une mine sévère, comme si l’on abordait la
question des pouvoirs psychiques, de la télépathie ou de la télékinèse. Chaque fois qu’un chercheur s’est risqué à ouvrir un dossier dans ce domaine sulfureux, ses supérieurs le lui ont refermé
d’autorité. La même autorité au nom de laquelle les archontes de la science française tentèrent de réduire Louis Pasteur au silence en 1860 : cet énergumène contestait la
sacro-sainte théorie de la génération spontanée, illustrée depuis Aristote, et prétendait que la vie provenait de « germes » en suspension dans l’air ! Des germes ! Et
pourquoi pas des farfadets ?
Témoigner d’intérêt pour la question est jugé suspect : ou bien l’on est un esprit subversif, visant à faire
interdire l’usage des téléphones portables et pourquoi pas, des appareils électro-ménagers en présence des enfants, ou bien l’on est un marginal porté sur le bizarre. Dans le premier cas,
l’obstiné qui assure que la puissance des téléphones portables est égale au dixième de celle d’un four à micro-ondes et fait lentement cuire la cervelle est un ennemi de l’industrie, donc de
l’économie, donc l’équivalent d’un hérétique au Moyen Âge. Dans le second cas, le bonhomme est prié d’aller rejoindre une association d’illuminés, comme ceux qui font tourner les tables pour
communiquer avec les extraterrestres.
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Jeudi 22 avril 2010
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06:56
Depuis les années 1990, nombre d’études ont confirmé les soupçons des scientifiques : baisse spectaculaire du nombre de spermatozoïdes, augmentation du nombre de
cancers des testicules, obésité en progression, même chez les jeunes enfants, autisme…
Les responsables de ces pathologies sont, notamment, les phtalates que contiennent les matières plastiques et les produits cosmétiques. Des biberons aux emballages
plastiques alimen-taires, des parfums aux revêtements de sols, nous sommes en contact permanent avec ces produits toxiques.
Or, ces perturbateurs endocriniens sont d’autant plus nocifs qu’ils contiennent de fausses hormones féminines, les xénoestrogènes, qui dérèglent insidieusement le
cycle reproducteur mâle des êtres humains et des animaux.
L’enquête de Pierre Duterte et Gerald Messadié révèle l’ampleur de la catastrophe sanitaire en cours. Des solutions existent, qui passent par une prise de
conscience collective et la mise en œuvre de changements de comportements radicaux.
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Mercredi 21 avril 2010
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08:04
L’invasion du monde par les substances
chimiques est un sujet assez garni en risques de toutes sortes pour qu’on n’y ajoute pas de spectres supplémentaires, tels que l’accroissement de cas d’androgynie ou d’hermaphroditisme. On
laissera donc aux scénaristes de films d’épouvante l’évocation d’un monde futur où des légions de fillettes pubères affronteraient des phalanges de garçons autistiques. Pour s’en tenir à la
surcharge d’anti-androgènes que subissent actuellement les humains du sexe féminin, on ne peut cependant écarter l’hypothèse d’un abaissement progressif de l’âge de la puberté. Les conséquences
juridiques en sont évidentes, car il deviendrait alors inévitable d’envisager un abaissement de l’âge du majorat.
Une étude globale des effets de deux ou trois décennies d’usage de produits contenant du BPA et de ses répercussions sur
le seuil de la puberté féminine serait une entreprise considérable et prendrait sans doute plusieurs années ; elle serait
cependant justifiée par les éléments que voilà. Car ceux-ci suscitent l’hypothèse que vingt ou trente ans ou plus d’usage, par les mères et par les filles, de produits contenant
du BPA, de la tétine et du biberon aux shampooings, sans parler d’autres produits et sans exclure les interactions du BPA et des phtalates, ont vraisemblablement entraîné des
effets sur l’évolution de la croissance des femmes
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