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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 07:35

Les perturbateurs endocriniens altèrent (aussi) l’émail dentaire

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 11.07.2016 à 15h35 • Mis à jour le 12.07.2016 à 06h45 | Par Pascale Santi

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image: http://s2.lemde.fr/image/2016/07/11/534x0/4967805_7_8124_photographie-de-plombages-dentaires-exposee_f1cea4245d9fe1bbcb5df86361cb891a.jpg

Présents dans de nombreux objets de consommation (plastiques, cosmétiques…), les perturbateurs endocriniens peuvent interférer avec le système hormonal (endocrinien) des êtres vivants et agir à des doses d’exposition très faibles.

Ils sont soupçonnés d’augmenter de nombreuses maladies (certains cancers, diabète, obésité, troubles de l’attention, autisme) et d’agir sur la fertilité. Le fait qu’ils altèrent l’émail des dents est beaucoup moins connu.

Lire aussi : Le mercure pointé du doigt

Le constat de la profession dentaire est unanime : les pathologies de l’émail sont de plus en plus fréquentes. « Les perturbateurs ­endocriniens créent des pathologies dentaires, et des matériaux utilisés peuvent contenir des substances toxiques, comme le bisphénol A (BPA) dans les composites ou le mercure dans les amalgames », explique la docteure Nathalie Ferrand, membre de Réseau ­environnement santé (RES) et présidente de la commission écoresponsabilité du Syndicat des femmes chirurgiens-dentistes (SFCD).

Cette lanceuse d’alerte est à l’initiative d’un colloque, « Vers une dentisterie sans perturbateurs endocriniens », organisé par RES au Sénat jeudi 23 juin.

Maladie émergente

Quasiment inexistante dans les années 1980, la MIH (hypominéralisation des molaires et des incisives), pathologie de l’émail décrite pour la première fois en 2001, peut être considérée comme une maladie émergente qui concerne 15 % à 18 % des enfants de 6 à 9 ans (âge moyen au moment du diagnostic).

La MIH se révèle par des taches opaques, blanchâtres à brunâtres, qui touchent sélectivement les premières molaires permanentes et, souvent, les incisives permanentes, les premières à minéraliser, décrit Sylvie Babajko, du ­Centre de recherche des Corde­liers (Inserm, universités Paris-V, ­Paris-VI et Paris-VII).

Ses causes sont encore peu ­connues mais « des faisceaux ­d’arguments laissent penser que les perturbateurs endocriniens y ­contribuent certainement, dont le BPA, les PCB et la dioxine », explique Sylvie Babajko. La dernière partie de la vie in utero et la première année de vie sont des périodes de sensibilité maximale. « Les taux urinaires de BPA semblent plus élevés chez les enfants ayant de nombreuses dents restaurées », ajoute cette chercheuse.

« Un vrai problème de santé publique »

Le lien entre un défaut de minéralisation de l’émail et une exposition à faibles doses au BPA lors d’une période du développement a été montré pour la première fois en 2013 et publié dans la revue American Journal of Pathology en juin de la même ­année.

Deux groupes de seize rats mâles ont été étudiés par ­Katia Jedeon, du Centre de recherche des Cordeliers. Ces animaux ont été exposés par voie orale, dès la conception, à une dose quotidienne de cinq microgrammes par jour et par kilo de poids (5 g/j/kg) de BPA, soit la dose journalière autorisée.

Au bout de trente jours, les trois quarts des rats exposés présentent des ­taches opaques sur les incisives, analogues au fameux MIH remarqué ces dernières années chez les enfants. Aucun rat du groupe ­témoin n’a développé l’anomalie (Le Monde du 12 juin 2013).

Sensibles, parfois douloureuses et susceptibles aux caries, ces dents nécessitent un suivi particulier. « Il faut souvent dévitaliser voire couronner la dent, ou l’extraire, ce qui implique un traitement orthodontique. Conséquence : un reste à charge important », alerte Nathalie Ferrand. « Le MIH est un vrai problème de santé publique, avertit Katia Jedeon. Les dents touchées par le MIH peuvent être soignées en utilisant des matériaux qui peuvent relarguer des monomères contenant du BPA, c’est un cercle vicieux. »

Résines, amalgames

Au-delà des pathologies dentaires, les matériaux utilisés dans les résines et composites peuvent contenir du BPA, ou les amalgames du mercure. Le dentifrice peut aussi contenir des biocides, dont le banal triclosan. Le bisphénol S, proposé en remplacement du BPA dans certains composites, doit aussi être regardé de près.

Nombre de professionnels ne sont guère informés sur ce que contiennent les matériaux mis en bouche. D’autant plus que rien n’impose aujourd’hui aux fabricants de détailler cette composition. Ces derniers restent d’ailleurs timorés. « Il faut raison garder et ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain, dit Arnaud Pemzec, trésorier du Comité de coordination des activités dentaires. On n’a pas aujourd’hui de matériaux de substitution. Des grandes sociétés y travaillent depuis quatre ans. »

« Sommes-nous assez informés sur la toxicité des matériaux ? », questionne la docteure Patricia Hueber-Tardot, présidente du Syndicat des femmes chirurgiens-dentistes. « Il y a une prise de conscience de la filière dentaire, qui souhaite s’engager à réduire l’exposition de la population aux perturbateurs endocriniens, se félicite la docteure Nathalie Ferrand. C’est une première. »

Des actions concrètes ont été ­engagées à l’issue du colloque. ­Katia Jedeon a intégré la commission de la vigilance et des thérapeutiques du conseil de l’ordre des chirurgiens-dentistes. L’idée d’un registre du MIH a été émise par la professeure Ariane Berdal, vice-doyenne de la faculté de chirurgie dentaire (Paris-VII). Pour Sylvie Babajko, « on a une signature ­caractéristique d’exposition qui nous aide à cerner la dent comme un marqueur d’exposition ».


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/sciences/article/2016/07/11/les-perturbateurs-endocriniens-alterent-l-email-dentaire_4967806_1650684.html#ql26eZhUcHOOMXOK.99

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 04:02

Les ondes peuvent avoir un impact sur le cerveau des enfants

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Les experts ont recensé des effets négatifs du téléphone portable et des objets connectés sur le bien-être des enfants : fatigue, troubles du sommeil, stress, anxiété.

Les ondes électromagnétiques émises par les téléphones portables, les tablettes tactiles ou les jouets connectés peuvent avoir des effets sur les fonctions cognitives – mémoire, attention, coordination – des enfants, indique ce vendredi un rapport de l'Agence sanitaire (Anses).

Les experts ont également recensé des effets négatifs sur le bien-être (fatigue, troubles du sommeil, stress, anxiété), qu'ils attribuent non pas aux ondes elles mêmes, mais à une utilisation intensive du téléphone portable.

Certaines études semblent aussi associer «un usage intensif du téléphone portable par des jeunes et une santé mentale affectée», qui se traduit par des comportements à risque, de la dépression ou des idées suicidaires, relève l'Anses, en souhaitant que des travaux complémentaires soient faits pour vérifier la relation de cause à effet.

Sur la base de ces constats, l'Anses réitère sa recommandation de 2013 de s'en tenir à «un usage modéré» des téléphones portables et d'utiliser le plus souvent possible le kit mains-libres. «Le téléphone mobile reste la source majeure d'exposition aux radiofréquences, c'est la plus intense», souligne Olivier Merckel. Cela est dû à la puissance intrinsèque des ondes émises par les téléphones et au fait qu'ils soient placés directement contre le corps (à l'oreille ou dans une poche).

Des zones du cerveau plus sensibles

Ces conseils de modération, valables pour les adultes, ciblent particulièrement les enfants qui sont plus sensibles aux ondes que leurs aînés pour des raisons physiologiques. «Nous sommes aujourd'hui certains que les enfants sont plus exposés que les adultes du fait de leurs différences morphologiques et anatomiques», explique Olivier Merckel. «Ce ne sont pas de petits adultes», insiste-t-il. Au niveau du cerveau en particulier, certaines zones encore en transformation sont plus sensibles aux ondes.

Or, les très jeunes enfants – moins de six ans – sont aujourd'hui exposés très tôt – même in utero – à de plus en plus d'ondes en raison du développement tous azimuts des technologies sans fil (tablettes, jouets connectés, wifi...). D'où les recommandations de l'Anses d'appliquer à tous les dispositifs émetteurs d'ondes «les mêmes obligations réglementaires» que pour les téléphones. Principalement la mesure du débit d'absorption spécifique (DAS), qui correspond à la quantité d'énergie absorbée par le corps, et la publicité de cette information. «Nous avons des interrogations sur les tablettes, notamment celles qui fonctionnent non pas en wifi mais en 3G ou 4G», confie l'expert de l'Anses.

«Retarder l'âge de la première utilisation»

L'agence sanitaire voudrait aussi que les conditions de ces mesures soient révisées pour être plus proches des conditions d'utilisation et que le niveau d'exposition générale aux ondes soit «reconsidéré» pour assurer des marges de sécurité plus importantes, en particulier pour les enfants.

Les experts ont en revanche écarté une interdiction des téléphones portables aux moins de six ans, votée en 2010 mais dont le décret n'est jamais paru. «Il n'y pas de données sanitaires pour justifier une telle mesure», affirme Olivier Merckel. Si l'utilisation à un si jeune âge des téléphones portables est «heureusement rare», il préconise de «retarder l'âge de la première utilisation».

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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 18:51

Le cerveau assiégé par les perturbateurs endocriniens

LE MONDE | 20.06.2016 à 06h49 • Mis à jour le 20.06.2016 à 15h21 | Par Stéphane Foucart

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En 2015, Edward Dutton (université d’Oulu, Finlande) et Richard Lynn (université d’Ulster, Royaume-Uni) publiaient, dans la revue Intelligence, une étude, passée inaperçue, mais dont les journaux auraient, peut-être, pu faire quelques manchettes. L’affaire est en effet d’une importance cardinale : les deux chercheurs documentaient, pour la première fois, une chute du quotient intellectuel (QI) moyen en France. Selon leurs estimations, ce dernier aurait perdu près de quatre points entre 1999 et 2009. A l’échelle d’une population, c’est énorme.

Ce genre de travaux essuie généralement un haussement d’épaules ou un revers de main. D’autant plus qu’en l’occurrence les auteurs ont fondé leurs calculs sur un petit échantillon de quatre-vingts personnes. Mais, à bien y regarder, l’étude des deux chercheurs britanniques mérite au contraire toute notre attention.

Lire aussi : La pollution met en danger le cerveau

Plusieurs raisons à cela. La première est que, s’il est reproduit et confirmé par d’autres études, ce résultat signale la première inversion, en France, de la tendance séculaire qui voit augmenter régulièrement l’indice d’intelligence individuelle – c’est-à-dire, pour éviter de parler d’« intelligence », de l’amélioration des compétences cérébrales, au sens quasi mécanique du terme. La deuxième raison de prendre au sérieux les résultats de MM. Dutton et Lynn est que cette inversion de la tendance à l’augmentation du QI est également constatée en Norvège, au Danemark, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Australie, en Suède…

Fonctions cognitives en régression

Dans de nombreux pays où les données peuvent s’étudier avec un recul historique suffisant, une légère érosion des facultés cognitives est mesurée, environ depuis le milieu des années 1990. Il y a toujours, bien évidemment, des biais possibles, des erreurs, des effets d’échantillonnage… Mais, même en Finlande, où la conscription donne lieu à des tests de QI standardisés, pratiqués sur toute une génération ou presque (25 000 jeunes par an sont testés depuis 1988), une étude des deux mêmes auteurs, publiée en 2013, montre une chute de deux points de QI entre 1997 et 2009, mesurée avec une grande précision. Les trois fonctions cognitives testées (représentation des formes, arithmétique, raisonnement verbal) sont toutes en régression.

Que viennent faire ces informations dans cette chronique ? Descartes nous a appris à nous placer si haut en surplomb du monde naturel, que nous avons bien du mal à imaginer que notre cerveau, siège du cogito, puisse être également modelé par notre environnement. Nous acceptons volontiers que notre foie puisse être intoxiqué, que notre prostate, nos glandes mammaires, notre pancréas puissent s’abîmer au contact des polluants de l’environnement. Mais que l’organe de notre intelligence soit affecté de la même façon, et que ces dégâts puissent altérer notre esprit, notre humeur, notre propension à la joie ou à l’insouciance, nous est intolérable. Le cerveau, pense-t-on, c’est de l’éducation greffée sur de la génétique. Un point c’est tout.

Vidéo : Comment le cerveau fonctionne-t-il ?

Lien entre perturbateurs endocriniens et troubles neuro-comportementaux

C’est pourtant faux. On peut, pour s’en convaincre, lire un livre savant, paru fin mai en France, et dont il avait été question dans ces colonnes lors de sa publication par Oxford University Press (Le Monde du 3 décembre 2014). Dans Le Cerveau endommagé (Odile Jacob, 416 p., 39,90 euros), la biologiste Barbara Demeneix (CNRS/Muséum national d’histoire naturelle) montre comment la perturbation du système hormonal par une multitude de substances présentes dans notre environnement domestique (solvants, plastiques, etc.) ou dans la chaîne alimentaire (pesticides, additifs, etc.), peut altérer la construction de certaines structures cérébrales, notamment au cours de la période intra-utérine.

Lire aussi : La pollution met en danger le cerveau

La chercheuse, dont les travaux sur le système thyroïdien sont mondialement reconnus, travaille depuis plus de dix ans sur la question. Elle a ratissé toute la connaissance, de l’épidémiologie à l’épigénétique en passant par l’endocrinologie et la biologie du développement ; elle conclut à un lien fort entre l’exposition généralisée de la population aux perturbateurs endocriniens — ces substances capables d’interférer avec le système hormonal — et l’augmentation d’une variété de troubles neuro-comportementaux (trouble de l’attention, hyperactivité, autisme, etc.).

Faillite réglementaire

Depuis longtemps, elle s’attend à ce que ses idées soient confortées par un début de baisse, dans la population générale, des capacités cognitives. Désormais, nous y sommes, même si d’autres causes que les contaminants chimiques ne sont pas à exclure…

S’il faut évoquer, aujourd’hui, les travaux de Barbara Demeneix, ce n’est pas seulement à l’occasion de la parution française de son livre. C’est aussi, et surtout, que la semaine passée a marqué le dernier épisode en date, et l’acmé d’une interminable faillite réglementaire.

Lire aussi : Perturbateurs endocriniens : l’histoire secrète d’un scandale

Mercredi 15 juin, avec, au compteur, deux ans et demi de retard et une condamnation de la Cour de justice de l’Union européenne, Bruxelles a proposé des critères d’identification des perturbateurs endocriniens — critères qui permettront de les retirer du marché. Hélas, la proposition de Bruxelles exige des niveaux de preuve presque impossibles à atteindre pour déclarer une substance « perturbateur endocrinien ». Les sociétés savantes, les ONG et certains Etats-membres sont vent debout.

Bruxelles n’a pas compris qu’il ne s’agit plus de prendre des mesures de précaution, mais des mesures d’urgence. Nous ne le voyons plus seulement par les hausses d’incidence des maladies hormonales « classiques » (cancers hormono-dépendants, diabète, infertilité, etc.) : nos cerveaux et ceux des générations futures, condition sine qua non de notre intelligence collective, sont en première ligne.

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Stéphane Foucart
Journaliste au Monde


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/pollution/article/2016/06/20/le-cerveau-assiege_4953797_1652666.html#8SOPMDeGEsZFDpgU.99

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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 08:02

Perturbateurs endocriniens : tollé contre Bruxelles

LE MONDE | 16.06.2016 à 14h34 • Mis à jour le 16.06.2016 à 17h52 |Par Stéphane Horel

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Personne, il y a encore un mois, n’aurait imaginé que la Commission européenne choisirait pareille option. L’annonce, mercredi 15 juin, de sa proposition finale de réglementation des perturbateurs endocriniens a surpris tout le monde. Mais elle a surtout laissé abasourdis la plupart des acteurs impliqués dans cette saga politico-technique. Abasourdis voire accablés. Car en offrant un traitement d’exception à cette famille de polluants chimiques, la Commission exige un niveau de preuves d’effets nocifs très difficile à atteindre. Impossible, estiment même certains. Les promesses de restrictions et d’interdictions, prévues dans le règlement régissant la mise sur le marché des pesticides en Europe, ne seront peut-être tenues qu’au compte-gouttes.

Depuis plus de vingt-cinq ans, les éléments s’accumulent sur ces produits chimiques capables d’interférer avec le système hormonal (endocrinien) des êtres vivants, suscitant une sourde inquiétude dans la communauté scientifique. Constituants d’une multitude d’objets de consommation – plastiques, cosmétiques, peintures, etc. – et contaminant l’environnement, ils sont soupçonnés de contribuer à l’augmentation de nombreuses maladies : infertilité, certains cancers, développement du cerveau, etc. Tandis que l’on détecte 43 produits chimiques en moyenne dans le corps d’une femme enceinte, plusieurs études ont tenté de chiffrer le coût, pour la société, des maladies liées à une exposition aux perturbateurs endocriniens. Les estimations oscillent entre 157 et 288 milliards d’euros par an en Europe.

Lire aussi : Les agriculteurs vont-ils pouvoir se passer du glyphosate, le « désherbant total » ?

Ces données n’ont, semble-t-il, pas pesé assez lourd dans l’étude d’impact « socio-économique » que la Commission a menée pendant plus d’un an pour appuyer sa décision. Pour que les perturbateurs endocriniens soient réglementés, elle propose en effet de leur appliquer une sorte d’adaptation de la définition énoncée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2002. Ce choix implique non seulement que les effets nocifs d’une substance soient démontrés et qu’ils soient causés par une action à travers le système hormonal, mais aussi qu’ils soient « pertinents » en termes de santé humaine. Or certains signaux d’alerte proviennent du monde animal, et tous ne sont pas forcément « pertinents » dans le sens où l’entend la Commission. L’imposex, par exemple, est un trouble qui procure des pénis aux femelles bulots. Et si aucune affection équivalente n’a, à ce jour, été constatée chez les humaines, l’alerte n’en a pas moins été lancée sur les perturbateurs endocriniens de la branche des organoétains qui se sont ensuite avérés en être la cause.

« La Commission européenne a placé la barre si haut qu’il sera ardu de l’atteindre, quand bien même il existe les preuves scientifiques de dommages », a estimé dans un communiqué l’Endocrine Society. Très active sur le dossier, la société savante des endocrinologues, qui compte 18 000 membres dans 120 pays, parle d’un « échec pour la santé publique ». Suivant le raisonnement de la Commission, il faudrait en fait attendre la certitude et observer les preuves des effets sur l’homme ou l’environnement. A titre de comparaison, à peine plus d’une centaine de substances atteignent le « statut » de cancérogène certain pour l’homme selon la classification de l’OMS, parmi lesquelles l’amiante, le tabac ou l’arsenic.

Une pochette de mauvaises surprises

Pour les ONG aussi, cette annonce ressemble à une pochette de mauvaises surprises. « Le niveau de preuve est si élevé qu’il nous faudra attendre des années de dégâts sur la santé avant de pouvoir retirer du marché » un perturbateur endocrinien, analyse Lisette van Vliet, de l’association HEAL, qui représente plus de 70 ONG santé-environnement en Europe. « La présentation des critères réalisée aujourd’hui s’éloigne de manière honteuse des connaissances scientifiques actuelles », renchérit Michèle Rivasi. La députée européenne du groupe des Verts/Alliance a également critiqué une disposition qui élargit le champ des dérogations aux interdictions éventuelles. Ces exceptions vont « totalement à l’encontre de la législation européenne qui défend l’idée de l’évaluation des substances selon le danger intrinsèque qu’elles représentent et non pas le risque supposé qu’elles pourraient causer ».

C’est précisément sur ce point que tique Andreas Kortenkamp, professeur de toxicologie à l’université de Brunel, à Londres (Royaume-Uni). Spécialiste mondialement reconnu du sujet, il estime que la Commission a tricoté dans les détails techniques de sa proposition un véritable retour vers ce que l’on appelle l’« évaluation des risques ». Derrière ce jargon réglementaire se cache le principal enjeu du choix de la Commission. « L’évaluation des risques » permet de mesurer la nocivité des substances alors qu’elles sont déjà sur le marché, en fonction de calculs prenant en compte l’exposition. Or le règlement Pesticide, adopté en 2009, exige une tout autre approche, en amont, dite « fondée sur le danger ». D’après le chercheur, la Commission tournerait le dos à cette obligation de précaution pourtant inscrite dans la loi.

Le texte de loi Pesticide avait été le point de départ du processus réglementaire de définition des perturbateurs endocriniens. La Commission devait d’abord élaborer des critères scientifiques pour les identifier. Selon le texte, aucun pesticide identifié comme tel au filtre de cette définition ne pourrait rester sur le marché européen ou y accéder. Au grand mécontentement des industriels de la filière, mais aussi d’autres secteurs. Dans un souci de cohérence, ces critères s’appliqueront à l’ensemble de la réglementation européenne. Cosmétiques, médicaments, plastiques… des pans entiers de l’industrie devront tôt ou tard s’y conformer.

L’industrie se dit « déçue »

L’industrie se dit, elle, « déçue ». Mais avec une lecture radicalement opposée. Pour Jean-Charles Bocquet, directeur général de l’ECPA, l’organisation européenne de lobbying de l’industrie des pesticides, la proposition de la Commission « pourrait déboucher sur l’interdiction de produits de protection des plantes qui possèdent les mêmes propriétés de perturbation endocrinienne que des produits quotidiens comme le café ».

Si elle n’a pas choisi l’option souhaitée par l’industrie (qui imposait une notion arbitraire de puissance des effets des perturbateurs endocriniens), la Commission n’a pas non plus opté pour celle qui avait la faveur de la communauté scientifique, de plusieurs Etats membres dont la France et des ONG. Elaborée par la direction générale de l’environnement de la Commission, cette option prévoyait de classer les perturbateurs endocriniens dans un système de catégories calqué sur celui des cancérogènes. Elle avait été soudainement remisée après que l’industrie, à l’issue d’une offensive de lobbying, avait obtenu, en juillet 2013, le report de la décision.

C’est dans un contexte politique très tendu avec le Parlement et avec deux ans et demi de retard, pile, que tombe cette annonce initialement prévue en 2013. En décembre 2015, la Cour de justice de l’Union européenne avait condamné la Commission pour avoir « violé le droit l’Union » en ne respectant pas la date limite fixée par la loi. Le 8 juin, les députés européens adoptaient à une très large majorité une résolution la condamnant aussi pour son inaction. Il y a fort à parier qu’ils devraient accueillir froidement sa proposition quand elle reviendra devant eux, après approbation des Etats membres, d’ici quelques mois.

  • Stéphane Horel
    Journaliste au Monde
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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 19:56

Le Monde

Perturbateurs endocriniens : l’histoire secrète d’un scandale

LE MONDE | 20.05.2016 à 06h45 • Mis à jour le 20.05.2016 à 09h16

Par Stéphane Horel

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C’est l’un des secrets les mieux gardés d’Europe. Il est enfermé quelque part dans le dédale des couloirs de la Commission européenne, dans une pièce à accès surveillé, où seule une quarantaine de fonctionnaires accrédités ont le droit d’entrer. Avec du papier, un stylo. Les smartphones sont confisqués. Un dispositif de sécurité plus strict encore que pour l’accord de libre-échange transatlantique entre l’Union européenne et les Etats-Unis (ou Tafta) : pour connaître les documents le concernant, les eurodéputés, eux, peuvent pénétrer dans la salle de lecture sans que l’on s’enquière du contenu de leurs poches.

Ce secret, c’est un rapport d’environ 250 pages. Dans le jargon de la Commission, une « étude d’impact ». Celle-là évalue les conséquences « socio-économiques » d’une réglementation visant une famille de polluants chimiques. Capables d’interférer avec les hormones des espèces animales, humains compris, les perturbateurs endocriniens sont soupçonnés d’être à l’origine de nombreuses maladies graves (cancers hormonaux-dépendants, infertilité, obésité, diabète, troubles neuro-comportementaux…). Ces substances se trouvent dans une multitude d’objets de consommation courante, dans les cosmétiques, les pesticides ou les plastiques (à l’instar du bisphénol A). Des secteurs entiers de l’industrie seront concernés à moyen terme par leur réglementation. Des milliards d’euros sont en jeu.

DÉFINIR LES CRITÈRES

La perspective d’éventuelles restrictions, parfois même d’interdictions, suscite de vives inquiétudes chez les industriels. Le secteur des pesticides, en particulier, n’a jamais caché son hostilité à certaines dispositions du règlement européen sur les « produits phytopharmaceutiques », qui est à l’origine d’un processus de décision aux rebondissements dignes d’une série télévisée. Adopté au Parlement en 2009, ce texte réserve en effet un traitement spécial aux pesticides : ceux reconnus comme perturbateurs endocriniens ne seront plus autorisés sur le marché. Encore faut-il pouvoir les reconnaître.

La Commission devait donc trouver le moyen de distinguer les perturbateurs endocriniens des autres produits chimiques. Très concrètement, son travail consistait à énoncer des critères qui permettraient de les identifier. Sans critères, pas d’application de la loi. Autorités sanitaires nationales, industriels et ONG sont ainsi suspendus à une décision imminente sur ces critères d’identification – outil réglementaire qui permettra ensuite d’en restreindre l’usage ou, plus radicalement, d’en interdire certains. Or, sept ans plus tard, les critères n’existent toujours pas.

C’est cette étude d’impact, aux conclusions apparemment aussi confidentielles que l’adresse de la fontaine de Jouvence, qui en est en grande partie responsable. Elle n’était pas prévue au départ, mais l’industrie l’a réclamée afin d’affaiblir la réglementation, puis l’a obtenue à l’issue d’une offensive éclair de lobbying menée en tandem par les industriels des pesticides et de la chimie au début de l’été 2013. Principalement au travers de leurs organisations de lobbying bruxelloises : l’Association européenne de protection des plantes (ECPA) et le Conseil européen de l’industrie chimique (Cefic).

UN DOSSIER HYPERSENSIBLE

Mais les géants de l’agrochimie étaient aussi montés au front : les deux poids lourds allemands BASF et Bayer, ainsi que la multinationale suisse Syngenta. L’ancienne secrétaire générale de la Commission, Catherine Day, avait fini par céder à leur requête au nom des « opinions divergentes » dans la communauté scientifique et des « impacts potentiels sur des pans de l’industrie chimique et le commerce international » – une référence directe au Tafta, dont les négociations venaient alors tout juste de commencer. Dans une note interne datée du 2 juillet 2013, la plus haute fonctionnaire européenne qualifiait alors les critères des perturbateurs endocriniens de « sujet sensible ». Sensible, il est resté. Et même hypersensible, il est devenu.

Car le Parlement européen avait donné une date butoir à la Commission pour rédiger ces fameux critères : décembre 2013. Ne voyant rien venir, la Suède avait alors décidé de poursuivre la Commission en justice. Une procédure soutenue par la France, le Danemark, la Finlande et les Pays-Bas et à laquelle s’étaient joints le Parlement et le Conseil – une configuration rare.

La Cour de justice de l’Union européenne n’a, elle, pas tardé. Juste avant Noël 2015, elle a jugé que la Commission avait « violé le droit de l’Union », elle qui est pourtant la gardienne des traités. L’arrêt balaye la « prétendue nécessité de procéder à une analyse d’impact des critères scientifiques » que la Commission a placée au cœur de sa défense. Mais le jour même, le porte-parole du commissaire européen à la santé, le Lituanien Vytenis Andriukaitis, annonce tout de go que l’étude d’impact sera malgré tout menée jusqu’au bout. D’hypersensible, le dossier devient inflammable.

QUID DU COÛT DES MALADIES ?

Les députés européens sont furieux. Certains d’entre eux ont déjà envoyé plusieurs lettres au président de la Commission. Elles sont restées sans effet. Le 13 janvier, c’est le président du Parlement en personne qui écrit à Jean-Claude Juncker. Le retard de la Commission est « inacceptable », souligne Martin Schulz. Tout autant que la poursuite de l’étude d’impact « au mépris du jugement » de la plus haute juridiction de l’Union et auquel il lui demande de « se conformer sans délai ». Le message est répété dans un second courrier, le 10 mars. La Suède, pour sa part, persiste. Dans un document daté du 13 mai et que Le Monde s’est procuré, les autorités suédoises rappellent sèchement aux services de la Commission que la Cour « interdit l’utilisation de considérations économiques pour définir les critères ».

Mais de quelle nature sont les « considérations économiques »consignées dans les pages de l’étude d’impact enfermée à double tour ? En sus des conséquences sur l’industrie, prendront-elles en compte le coût des maladies liées à l’exposition aux perturbateurs endocriniens, qui a été estimé par des études indépendantes entre 157 milliards et 288 milliards d’euros par an (Université d’Utrecht, 2016) en Europe ? Fin du suspense le 15 juin. D’après nos informations, la proposition finale de critères d’identification des perturbateurs endocriniens sera présentée en réunion du collège des commissaires.

Par Stéphane Horel

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 10:54

le parisien de ce matin

Le bisphénol A toujours présent dans des contenants alimentaires

Selon un test de l'Association santé environnement France que nous révélons, des canettes et des boîtes de conserve contiennent encore de ce produit chimique interdit.

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EXCLUSIF

Les industriels trichent-ils encore avec le bisphénol A (BPA), ce produit chimique classé comme perturbateur endocrinien et interdit depuis 2013 dans tous les contenants alimentaires pour les bébés de 0 à 3 ans ? Pour les biberons en plastique, ils sont en tout cas réglos ! C'est ce que montre une enquête que nous dévoilons en exclusivité.

L'Association santé environnement France (Asef), qui regroupe des médecins et milite pour une alimentation non toxique, en a testé six de marques différentes.

« Dans aucun il n'a été trouvé ni de bisphénol A, ni l'un de ses substituts. Pour les jeunes parents, c'est une bonne nouvelle », explique le docteurPierre Souvet, son président. En revanche, pour les autres contenants alimentaires, comme les récipients métalliques, c'est une tout autre histoire. Depuis le 1er janvier 2015, le bisphénol A y est formellement interdit. En principe... Car en faisant analyser deux canettes vendues dans le commerce, l'une d'eau gazeuse, l'autre de soda (Pepsi), ainsi que deux boîtes de conserve de haricots blancs, l'une provenant du Portugal et l'autre estampillée Carrefour, l'association, dont l'enquête est diffusée ce soir à 21 heures sur France 4 dans l'émission « On n'est plus des pigeons », a fait une drôle de découverte.

Le bisphénol A est un plastifiant et antioxydant. Utilisé depuis cinquante ans dans de très nombreux produits (automobiles, DVD, machines à laver...) pour ses qualités de résistance à la chaleur et aux chocs, il a été banni des contenants alimentaires, car ce composant chimique a la particularité de « migrer » vers les aliments, qu'il finit par contaminer.

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 07:46

http://lci.tf1.fr/science/sante/des-substances-indesirables-dans-de-tres-nombreux-produits-8732131.html

Des substances indésirables dans de très nombreux produits ménagers


le 11 avril 2016 à 06h35 , mis à jour le 11 avril 2016 à 06h46.

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Photo d'illustration / Crédits : Thinkstock

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De très nombreux produits ménagers contiennent une ou plusieurs substances "indésirables", pointe une enquête de 60 Millions de consommateurs, qui veut "sensibiliser le public au double visage" de ces produits chimiques, pas toujours utiles qui plus est. Les experts de la revue ont évalué plus d'une centaine de produits, parmi les plus courants. "Mauvaise nouvelle, la quasi-totalité contient une ou plusieurs substances indésirables (allergisantes, irritantes, corrosives, et/ou risquées pour l'environnement).

Dans ce numéro hors-série à paraître mardi, 20 substances, problématiques pour la santé ou l'environnement, sont listées dans un "mémo des toxiques" destiné à aider le consommateur dans ses achats. Des exemples de marques où ces substances sont présentes sont également donnés. L'enquête évoque en particulier le problème des sprays anti-bactériens et des désodorisants, accusant les fabricants de jouer sur la phobie des microbes. Or, "pour les détergents bactéricides à usage domestique, leur utilité n'est pas démontrée", a rappelé l'Agence de sécurité sanitaire (Anses).

"Il y a une industrie du détergent qui essaie de nous équiper d'un arsenal de produits pour la maison comme si nous étions en guerre!", note Adeline Tregouët, rédactrice en chef du magazine de l'Institut national de la consommation (INC). "Assouplissants, désodorisants de frigos ou de lave-vaisselle, anticalcaires, brumes d'oreillers, nettoyants de lave-linge... on multiplie les molécules, les composés organiques volatiles, tout ça se mélange à la pollution, au soleil, et donne des molécules encore plus toxiques", explique-t-elle.

Certains produits "naturels" bien plus efficaces

Ces dernières années, les fabricants ont dû faire des efforts sur les lessives (phosphates), mais ils ont aussi multiplié, et complexifié, gammes et références. "L'idée est de sensibiliser le public au double visage de produits qui nous promettent douceur et fraîcheur et sont en fait agressifs. Il faut que les gens soient mieux informés, et aussi leur offrir des solutions. Car outre notre santé, c'est tout un écosystème marin que l'on déséquilibre", dit Adeline Tregouët.

Par exemple, le nombre d'allergènes ne cesse d'augmenter, pointe l'enquête. En 2012, le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs européens a obtenu l'étiquetage obligatoire de 26 parfums allergènes, mais depuis il en a identifié 82 nouveaux ! La revue propose un décryptage des pictogrammes et symboles apposés sur les étiquettes, d'autant moins clairs que deux systèmes vont coexister jusqu'en 2017 et que les précautions d'emploi sont souvent écrites en tout petit.

Qui imaginerait ainsi que pour utiliser certains gels wc, déboucheurs de canalisations ou nettoyants de salle de bains, il vaudrait mieux porter des lunettes de protection ? Tout un chapitre est enfin consacré aux produits dits "naturels", aussi efficaces sans être nocifs : bicarbonate de soude, vinaigre blanc, savon noir, cristaux et percarbonate de soude, terre de Sommières...

Le magazine propose ainsi 100 fiches produits et 300 recettes. Par exemple, saupoudrer les matelas de bicarbonate pour faire fuir les acariens. Ou se munir d'une brosse à dents, avec dentifrice et bicarbonate, pour blanchir les joints de carrelage.

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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 09:29

Les conclusions d’une nouvelle étude sont désolantes: en 2050, nos océans abriteront davantage de plastique que de poissons.

Ce que nous infligeons à notre planète est inqualifiable... et pourrait même ébranler notre foi en l’humanité. Heureusement, il y a Terry, Christina et Chris, trois amis qui se sont documentés sur le problème du plastique et sur la “grande plaque d’ordures du Pacifique”, une immense île flottante de déchets à moitié immergés, faisant deux fois la taille de la France.

Écoeurés, ils ont inventé une solution simple: le SeaVax, un bateau fonctionnant à l’énergie solaire capable d’aspirer jusqu’à 22 millions de kilogrammes de plastique par an! Et ça marche: quelques-unes de ces embarcations seraient en mesure de nettoyer la grande plaque d’ordures du Pacifique en tout juste 10 ans!!

Ces trois amis incarnent ce que des citoyens peuvent réaliser en prenant à bras le corps l’un des plus grands défis de notre époque. Ce projet vient toutefois à peine de débuter et a besoin de notre aide. Le premier modèle du SeaVax a été construit. Mais cette initiative a besoin de financements pour voir plus grand, et s’attaquer à cette tâche fantastique qu’est le grand nettoyage des océans. Pour le prix d’un repas, nous pouvons faire de cette situation honteuse une histoire exemplaire. Participez maintenant ! Faisons du rêve porté par SeaVax une réalité, et permettons à d’autres projets ayant l'ambition de débarrasser nos océans de tout leur plastique de grandir:

En décembre je me suis rendu sur une île isolée au large du Vietnam et du Cambogde, d’une beauté à couper le souffle. Mais le vent s’est levé, et en deux jours l’océan était couvert de déchets, de polystyrène et de papiers de bonbon. C’était inqualifiable, apocalyptique.

Si cette pollution nous gêne, ce n’est rien à côté des dégâts qu’elle cause à nos précieux écosystèmes marins. Les dauphins, les baleines, les poissons, toutes les créatures vivantes sont touchées, car le plastique se décompose en petits morceaux qui bouchent leurs voies respiratoires et leurs branchies.

Le SeaVax est un grand projet: c'est un petit navire autoguidé fonctionnant à l'énergie solaire qui aspire le plastique mais dispose de capteurs spéciaux pour préserver la vie marine. Ce sont de grandes idées telles que celles-ci dont nous avons besoin. Si nous les faisons monter en puissance, nous pouvons les aider à s’imposer et à être encore plus efficaces. Notre mouvement pourra alors pousser les gouvernements à entrer en lice afin que ces idées prennent vraiment de l’ampleur.

Le mouvement Avaaz est le seul à pouvoir aider dans ce genre de situation: il n’existe pas d’autre mouvement international de cette échelle capable de lever autant de fonds. Il nous revient d’aider ces inventeurs à transformer leur rêve en réalité, à faire en sorte que d’autres projets fantastiques voient le jour, et à redonner de l’espoir au monde entier. Pour le prix d’un repas ordinaire, vous pouvez aider à retirer jusqu’à 170 000 morceaux de plastique des océans! Cliquez pour participer:


Bien sûr, outre le nettoyage de nos océans, nous devons cesser d’y déverser de telles quantités de déchets. Avec ces fonds, notre mouvement pourrait:

  • Soutenir des projets visant à réduire les quantités de plastique rejetées dans les océans par les pays qui polluent le plus;
  • Identifier d’autres idées ambitieuses visant à nettoyer les zones d’ordures des océans grâce à des technologies innovantes;
  • Organiser des groupes de volontaires et des nettoyages de plages afin d’empêcher le plastique de se retrouver dans les océans;
  • Pousser les gouvernements à limiter ou à interdire le plastique, à l’instar des mesures que San Francisco vient de prendre au sujet des bouteilles en plastique ou de ce qui s’appliquera bientôt à Paris.

Avaaz a mené de nombreuses campagnes qui ont permis la création de réserves marines, certaines faisant partie des plus grandes de l’histoire, dans les Îles Chagos de l’océan Indien ou dans le Pacifique américain. Nous avons également oeuvré à l’interdiction des sacs en plastique dans certaines villes. Faisons de l’incroyable histoire du SeaVax le point de départ d’une vague d’actions citoyennes apportant une réponse globale à ce fléau qui défigure nos océans. Faisons en sorte que, de notre dégoût devant la grande plaque d’ordures du Pacifique, naisse un nouveau monde fait d’engagement et de respect pour nos océans.

Avec espoir et gratitude pour cet incroyable mouvement,

Ricken et toute l’équipe d’Avaaz

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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 08:27

dans l'Obs:

Voici la liste des 185 cosmétiques contenant des substances "préoccupantes"

Par Laura Thouny

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Gels douches, dentifrices, shampoings, lingettes pour bébés... L'UFC-Que Choisir publie la liste des produits contenant des substances indésirables.

L'UFC-Que Choisir dresse une liste de 185 produits contenant des substances potentiellement dangereuses. (CHARLY TRIBALLEAU/AFP)

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Crèmes hydratantes, shampoings, dentifrices, déodorants, eaux de toilette, lingettes… C'est une liste à donner le vertige. L'UFC-Que Choisir a dévoilé lundi 22 février 185 produits cosmétiques courants contenant des substances "préoccupantes" (allergènes, composés toxiques, perturbateurs endocriniens), appelant à ne plus les acheter.

  • Allergènes : 62 produits en contiennent, dont 55 de la methylisothiazolinone (MIT), un conservateur allergisant "d’autant plus irritant qu’il est très majoritairement ajouté à des produits non rincés qui resteront en contact prolongé avec la peau".
  • Perturbateurs endocriniens : "Pas moins de 101 produits en recèlent, dont 44 sous la forme d’ethylhexyl-methoxycinnamate, un filtre UV perturbant le fonctionnement oestrogénique et thyroïdien." "Pourquoi donc mettre des filtres UV totalement inutiles dans des eaux de toilettes, des démaquillants ou des produits capillaires ?", s'interroge l'UFC.

Même les grandes marques sont épinglées, relève l'UFC-Que Choisir. "Ainsi parmi les 26 produits contenant les tristement célèbres parabènes à longue chaîne, on trouve 3 produits de la marque 'Roc', 2 produits de chez 'L’Oréal', 2 produits 'Carrefour', 2 de chez 'Leclerc', ainsi que chez 17 autres marques courantes."

Huit lingettes pour bébés des marques "Bébé Cadum", "Mixa", "Nivea", "Pampers", [...] contiennent du phenoxyethanol "un conservateur toxique pour le foie et le sang !"

Et les mentions marketing faussement rassurantes ne garantissent rien. La mention "hypoallergénique" figure ainsi sur le lait de toilette "Mots d'enfants" de Leclerc, la "Crème pour le change" de Corine de Farme ou encore sur les nettoyants féminins "Physélia Intimate", alors que l'association dit avoir "relevé la présence dans ces produits de MIT", auquel des dermatologues ont décerné en 2013 la palme de "l'allergène de l'année".

Pour s'y retrouver, l'association de consommateurs met à disposition la liste des molécules les plus nocives (triclosan, phénoxyéthanol, propylparabène, etc.) et des 26 allergènes présents dans les parfums et conservateurs, à glisser dans son portefeuille en allant faire les courses.

Et pour la liste des 185 produits concernés, c'est par ici, et à retrouver au complet sur le site de l'UFC-Que choisir :L. T.

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 07:26

Le parisien de ce jour

INTERACTIF. Toujours plus de plastique dans le monde

ENVIRONNEMENT. Considéré comme l’un des principaux facteurs de pollution des sols et des océans, le plastique a pourtant plus que jamais la cote, tandis que son recyclage reste toujours aussi marginal.

RÉAGIR

Vous avez dix secondes pour relever le défi suivant : regardez autour de vous et notez tous les objets contenant du plastique. Difficile n’est-ce pas ?

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